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Comment faire entrer un studio d’art mobile dans son bagage à main

L’artiste de manga haïda Michael Nicoll Yahgulanaas discute de son art unique et explique comment il peint dans le confort de son siège d’avion.

Michael Nicoll Yahgulanaas

Il y a 20 ans, Michael Nicoll Yahgulanaas a lancé un nouveau style : le manga haïda, un mélange inspiré de son héritage autochtone et de la bédé japonaise. Huit romans illustrés et de nombreuses expos internationales plus tard, il va aujourd’hui au-delà de l’imprimé : il collabore avec un cabinet d’architectes pour intégrer le manga haïda dans trois nouveaux gratte-ciel vancouvérois, en plus de composer pour le Vancouver Opera un livret basé sur sa BD roman Le vol du colibri. Nous l’avons joint chez lui, sur une île de la mer des Salish, avant son départ pour Séoul.

Comment faites-vous vos bagages ?
Je voyage léger. J’apporte trois tenues de rechange, max.

Comment avez-vous découvert le manga ?
À la fin des années 1990, j’ai aidé à organiser un voyage sur la côte Ouest pour les étudiants japonais d’un ami prof d’université. On a passé 10 jours en pleine forêt, et ces étudiants m’ont fait découvrir l’engouement pour les mangas en Asie. C’était intrigant de les entendre qualifier cet art de très complexe, car à l’époque, les Nord-Américains prenaient ça pour du gribouillage. Puis j’ai eu l’idée de fusionner ma voix autochtone avec cet art asiatique.

En 2017, le Seattle Art Museum vous a commandé une murale pour sa collection. Ça ressemble à quoi ?
Ce sont six feuilles de papier qui, une fois assemblées, forment une murale à l’encre et à l’aquarelle de 6 m sur 2 qui examine la relation entre les humains et l’océan. C’est complexe et ça remplit tout l’espace. La murale intitulée Carpe Fin est maintenant dans la collection permanente et sera exposée du 2 novembre 2019 au 1er novembre 2020.

Allez-vous souvent au Japon ?
Oui. Dans ma famille, on raconte que dès 1894, les Haïdas visitaient le Japon et y étaient reçus comme des personnes à part entière, ce qui n’était pas le cas au Canada à l’époque. Aujourd’hui, quand j’y vais, je visite des régions éloignées, comme le Koya San.


C'est dans le sac de Michael Nicoll Yahgulanaas

01 UNE POCHETTE
Ma sœur, Lisa Hageman Yahgulanaas, artiste en textile et tisserande, me l’a donnée. Elle a employé une technique haïda spéciale dite Raven’s Tail. J’y transporte mon studio d’artiste mobile.

02 DES PINCEAUX
Les pinceaux d’aquarelle sont délicats, mais ceux-ci sont parfaits pour le voyage, car les poils se rangent dans le manche.

03 DES BAGUETTES DE VOYAGE
Ayant passé ma vie très près de l’océan, j’essaie d’éviter le plastique. La marque japonaise Snow Peak a fait des baguettes spéciales pour souligner le succès du Vol du colibri.

04 UNE BOÎTE D’AQUARELLE
Dans l’avion, j’installe un studio mobile à même ma table-plateau, avec mes carnets, mes pinceaux et cette boîte d’aquarelle d’Opus Art Supplies à Vancouver.

05 UN CARNET DE CROQUIS
J’en ai acheté une boîte auprès de l’artisan qui les fait au Koya San, au Japon. Comme ils sont en accordéon, je peux en étirer les pages et faire de longues peintures en continu. La couverture est en cèdre huit fois centenaire. La culture haïda est, elle aussi, très attachée au cèdre : nos maisons longues, pirogues et mâts totémiques en ont.

06 UNE EFFACE EN FORME DE POISSON
Mon symbole est le poisson, à cause d’une expérience avec une grande carpe dans un étang de Nagoya, au Japon. Et je viens d’une famille et d’une communauté qui ont des liens étroits avec l’océan.

07 CRAYONS À MINE
En voyage, on ne trouve pas toujours aisément des fournitures d’art, alors j’apporte du matériel solide, comme des crayons de 0,9 mm.

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