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Le guide pratique de la conduite hivernale

Notre reporter met ses peurs sur la glace et apprend à perdre le contrôle au volant d'une Porsche flambant neuve.

La conduite hivernale avec une Porsche

On croirait qu’on a gagné le gros lot, à en juger par les visages dans notre groupe (surtout composé d’hommes) à la vue de nos bolides pour la journée. Trente-deux Porsche flambant neuves attendent sur la glace près du circuit Mécaglisse à Notre-Dame-de-la-Merci, à deux heures au nord de Montréal. Il fait soleil et -21 °C. On frissonne, mais peut-être juste d’excitation.

Nos moniteurs détaillent le programme du jour. « Minute ! dis-je en bafouillant. Vous voulez vraiment qu’on perde le contrôle de ces autos à 150 000 $ ? » La dernière fois que j’ai dérapé sur la glace, c’était au volant de la Chevrolet Celebrity 1987 de mon père, et, même si le bazou n'a pas subi de dégâts, je me suis retrouvé en contresens. Ce n’est pas une expérience que j’ai envie de revivre.

Mais ce n'est pas un problème pour mes nouveaux amis. Chaque année en février, Camp4 Canada apprend à des dizaines de leurs semblables à repousser les limites de leurs voitures sport et en fait des conducteurs plus confiants en hiver (en plus d'assouvir un fantasme de braquage de banque avec évasion sur glace).

Le moniteur en chef Jonathan Urlin annonce qu’il va nous mettre dans un environnement incontrôlable (une route glacée de 2,5 km) et nous apprendre à prendre le contrôle. C’est une question de transfert de poids ; Jonathan nous explique dans une brève leçon de physique que le mouvement d’une voiture est la combinaison de trois données : accélérateur, freins, volant. Serait-­ce vraiment aussi simple que ça ?

Pour aborder les manœuvres, on se divise en quatre équipes ; le chef de mon groupe est l’ex-champion de course automobile Kees Nierop. Étape par étape, celui-ci nous montre une technique de drift qui implique qu’on fasse un survirage pour faire déraper l’auto puis qu’on accélère doucement hors du virage. « Vous allez foncer vers ce cône », dit-il en indiquant la balise orange vif dans le banc de neige, « et sitôt arrivé, vous allez relâcher l’accélérateur et commencer à virer. Puis vous freinez doucement. » Il n’y a que quatre étapes, mais il me semble que ça fait beaucoup.

La conduite hivernale avec une Porsche

On saute dans nos bolides ; le mien est une 911 Carrera S noire qui gronde tel un puma affamé. Je démarre et me mets en ligne. Au tableau de bord est fixée une radio par laquelle Kees fournit ses directives.

« Voiture quatre, go ! » lance-t-il, et j’appuie sur le champignon… mais pas assez. « Fonce, fonce, fonce ! » crie-t-il. J’accélère autant que possible, puis je lève le pied, vire à gauche et freine, la voix de Kees me guidant au fil des étapes. Le poids du bolide se déplace sur la droite et l’auto dérape. L'ayant laissée glisser, je lâche les freins, redresse le volant et réappuie sur l’accélérateur pour sortir du tournant. Je frôle un banc de neige et accélère dans la ligne droite.

Je souffle et éclate de rire, les acrobaties étant maintenant derrière moi. L’espace d’un instant, je saisis les lois de la mécanique qui gouvernent cet engin. Conduire dans la neige et sur la glace m’a toujours paru périlleux, mais, après avoir décomposé le mouvement en ses divers vecteurs, j’ai moins peur de perdre le contrôle. Et puis je ne me suis pas retrouvé à contresens.

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