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Entrevue avec Lucile Garner Grant

La premiere hôtesse de l'air au Canada parle d'aventure, de ses 102 ans et de la nature controversée du beige.

Lucile Garner Grant

Lieu de naissance : Qu’Appelle, en Saskatchewan

Signe distinctif : Première femme embauchée par les Lignes aériennes Trans-Canada (TCA), Mme Garner Grant a été hôtesse de l’air de 1938 à 1943. Elle a déjà fait en traîneau à chiens le trajet entre l’aéroport et une station radio de Fort Nelson, 
en Colombie-Britannique, pour aller chercher 
un bulletin météo.

À souligner : Elle a eu 102 ans le 13 juin.

Son premier voyage : Enfant, en Californie. « J’ai beaucoup voyagé. En avion, 
en train, d’un bout à l’autre 
du pays et partout 
aux États-Unis. »

Les agentes de bord devaient être infirmières 
à cette époque. Pourquoi avoir choisi cette carrière à risque et non les soins infirmiers ?

Oh, être hôtesse de l’air, c’était quelque chose. C’était satisfaisant, et je gagnais 125 $ par mois, plus qu’une infirmière. C’était l’aventure, tout était nouveau ; c’était une toute nouvelle vie pour les femmes.

Et vous deviez probablement en savoir autant que les pilotes…

Eh bien, l’avion était une invention récente et aux débuts de l’aviation il a fallu partir de rien. On s’attendait à ce que nous connaissions chaque facette de l’industrie. Ce n’était pas comme le train, où l’on s’assoie et on voit tout ; là, dans les airs, on ne voyait rien. Il fallait répondre aux questions des passagers.

Les gens avaient-ils peur à bord ?

Oh oui, ils étaient terrifiés. Ils ne savaient pas de quoi il en retournait. Ils disaient : « J’adore voler ! » mais en fait ils faisaient les braves.

Vous avez dessiné le premier uniforme de bord de TCA, en 1938. Parlez-nous-en.

Il fallait que l’uniforme soit assorti aux avions et à leur intérieur, qui était beige. Il ne devait pas être bleu marine, qui était la couleur de l’uniforme des pilotes. J’ai donc choisi une jolie gabardine de laine beige, un superbe tissu coupé par un excellent tailleur, qui a conçu un très, très bel uniforme… mais personne ne l’a aimé !

Mais pourquoi ?

On m’a dit : « Pourquoi il ne serait pas bleu marine ? » Bref, dès 1939 notre uniforme était marine, au plaisir de tous. La couleur ne s’accordait pas avec l’appareil, mais ça n’avait plus l’air important. Puis les pilotes ont protesté : « Pourquoi doivent-elles être habillées comme nous ? » Et la controverse a repris.

Quel regard portez-vous aujourd’hui sur votre carrière ?

Elle a été très gratifiante, 
et j’ai rencontré des personnes extraordinaires. Tout le monde était aimable et généreux ; on se dit que la vie n’est pas si mal, après tout.

Pour consulter d'autres grands moments de l'histoire d'Air Canada, visitez 75.aircanada.com.

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