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David Sedaris sur son journal personnel, la mode incommode et sa façon de déjouer son FitBit

L’auteur à succès discute de chasse d’eau et d’hôtels à rabais (attention : nudité partielle).

David Sedaris

Ville natale Raleigh, Caroline du Nord

Domicile West Sussex, Royaume-Uni

Signe distinctif Écrit des livres à succès, dont Je parler français

Projet actuel La tournée de promotion de son nouveau livre, Calypso, recueil de réflexions personnelles paru cette année

Prochain voyage La Norvège et la Finlande. « Je suis allé en Suède, au Danemark et en Islande, alors je termine ma visite des pays nordiques. »


Vous abordez des sujets sérieux dans votre nouveau livre, Calypso, dont l’alcoolisme de votre mère. Pourquoi ?
Je voulais écrire depuis quelque temps sur l’alcoolisme, sur le fait d’aimer quelqu’un et de peiner à rester loyal, mais je devais d’abord prendre du recul. Quand ce texte a d’abord paru dans le New Yorker, c’est fou le nombre de lettres que j’ai reçues de gens ayant un vécu similaire. Je n’écris pas pour aider les gens, mais ç’a touché une corde sensible.

Vous tenez un journal intime depuis 1977. Pourquoi est-ce important pour vous ?
C’est comme une compulsion. La plupart du temps, ce que j’y écris n’a d’intérêt pour personne, moi compris, mais je sais que ça servira plus tard. À la mort de ma sœur Tiffany, j’ai tapé son nom dans mon journal numérisé et tous les passages la concernant sont ressortis. Mon frère et certaines de mes sœurs avaient oublié ces moments consignés.

Des souvenirs marquants de vos récents voyages ?
À Tokyo, je me suis acheté une jupe-culotte noire à paillettes et une chemise rose à paillettes valant 500 $. Les instructions de lavage disent : « NON. » Ça ne se lave tout simplement pas.

Comment trouvez-vous l’inspiration en tournée ?
Après un séjour dans un hôtel miteux, je repars souvent avec une histoire. Un soir où je suis rentré tard à l’hôtel après une séance de dédicaces, il y avait un gars portant un t-shirt et rien d’autre dans le couloir. S’était-il enfermé hors de sa chambre ? L’avait-on jeté dehors ? Je n’arrive pas à oublier cet homme.

Que faites-vous en premier en arrivant à l’hôtel ?
Je tire la chasse d’eau. Nul ne veut découvrir trop tard que sa toilette est brisée. J’ai appris ça il y a des années.

Comment abordez-vous des sujets difficiles avec humour?
Les sujets lourds ne me rebutent pas, mais je ne veux pas m’asseoir devant des milliers de gens et les entendre tousser. Un nouvel essai que j’ai présenté en tournée traite des armes à feu et des fusillades. Je suis allé dans un stand de tir où l’on vendait des produits pour dissimuler ses armes, et il y avait des caleçons boxeurs avec étui intégré. J’ai écrit que j’appellerais ça des gunderpants. Je trouve ça tordant, et le public aussi. Je veux que les gens rient aussi pendant mes récits plus sérieux – c’est comme libérer la pression d’un radiateur qui a surchauffé.

Vous avez écrit sur votre apprentissage d’autres langues. Quel en est l’impact sur votre personnalité?
Quand je m’exprime en japonais ou en allemand, je deviens une tout autre personne. Mon programme de japonais en ligne emploie le degré de politesse d’un commis de magasin. Au lieu de dire « Je veux un billet pour la gare de Shinjuku », j’ai appris à dire « Si ça ne vous dérange pas, enfin, si vous n’êtes pas très occupé, j’aimerais avoir un billet pour la gare de Shinjuku. Si vous le voulez bien. En fait, j’irai à pied. » En allemand, je suis un vieil homme super enthousiaste. Je ne maîtrise pas la langue, alors je ne devrais pas jacasser autant, mais j’adore parler cette langue. Impossible de me taire.

Dans un essai, vous abordez votre rapport obsessionnel à votre Fitbit. Quelle est la chose la plus folle que vous avez faite pour atteindre votre cible de pas?
Je tiens à battre à plate couture les statistiques de mes amis Fitbit chaque jour, quitte à tricher. Une fois, après un vol annulé, j’ai dû rouler huit heures pour arriver au prochain arrêt de ma tournée, alors je n’ai pas pu beaucoup marcher ce jour-là. Après le spectacle, j’ai demandé à une femme qui voulait une dédicace : « Êtes-vous libre en ce moment? » Elle pensait peut-être que j’allais l’inviter à souper, mais j’ai dit : « Voici 20 $. Portez ce Fitbit et marchez avec pendant une heure. » Elle l’a fait!

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