Voyage
Il va y avoir du sport
Peu importe d’où ils viennent, les habitants de Johannesburg ne vivent que pour une chose : encourager leurs équipes sportives favorites.
Photos : DOOKphoto
Si Johannesburg jouait au rugby, ce serait au poste d’arrière. Quel rapport entre la métropole sud-africaine et un sport de contact où l’on se bouscule à qui mieux mieux ? Au rugby, l’arrière est le dernier rempart avant l’en-but. Quand il attrape un long botté, il n’a personne derrière lui à qui relayer le ballon. Il ne peut compter que sur lui-même pour faire avancer les choses. C’est la loi du plus fort qui prévaut.
Pendant notre bref séjour à Johannesburg (ou Jozi, ou Joburg, pour les intimes), nous avions un appartement avec une belle petite cour ; la balle était donc dans notre camp. Beaux joueurs, nous l’avons saisie au bond en organisant une fête pour souligner notre départ. Nous n’avions qu’à suivre la recette du parfait dimanche à Joburg : une douzaine de copains, des boerewors et des côtelettes d’agneau grillées, de la bière à profusion et du sport mur à mur à la télé. Le dimanche matin, ma femme, Sarah, et moi avions vu à tous les détails… sauf un.
« Quoi ! Pas de bière ? aboyait notre ami Marten au téléphone. Vous me faites marcher ? Les magasins d’alcools ferment le dimanche ! Gardez ça mort, sinon personne ne viendra. Sérieusement. » Puis il nous a indiqué l’adresse d’une épicerie indienne dotée d’une chambre froide clandestine, non loin du stade Wanderers de cricket. Le proprio, un dénommé Lala, s’est montré ravi de nous procurer une cargaison de Castle Lager, de Hansa et de Carling en canettes grand format. Après des banalités sur la météo, notre conversation s’est muée en échanges musclés sur les mérites comparés du cricket tel que pratiqué en Inde et en Afrique du Sud.
Lala m’a pris par l’épaule : « Avant que vous partiez, il faut que je vous présente ce monsieur. C’est un des plus grands sportifs au pays. » Je me suis retrouvé à serrer la main d’un colosse noir tout en muscles, le crâne rasé, en veste de cuir. Cet homme en imposait. « Kaizer Motaung, enchanté », s’est-il contenté de dire en m’écrasant les doigts. Le Kaizer, le seul et unique Kaizer, fondateur des Kaizer Chiefs et parrain du football sud-africain, m’a ensuite tendu sa carte de visite jaune et noir avant de quitter les lieux, les bras chargés d’une montagne de journaux, qui, tous, revenaient sur la victoire épique remportée la veille par ses Chiefs contre les Pirates, deux équipes qui entretiennent une rivalité parmi les plus féroces du continent africain.
Pas étonnant qu’une rivalité aussi intense et terrible ait vu le jour ici. Johannesburg est la ville la plus prospère de toute l’Afrique. Aussi riche de possibilités que de dynamisme entrepreneurial, elle attire des jeunes loups de partout : du Nigeria, du Zimbabwe, de Grande-Bretagne, d’Inde, sans compter la campagne sud-africaine. Or toute ville d’immigration doit fournir des repères aux nouveaux arrivants. À Los Angeles, les potins de stars peuvent toujours servir de sujet de conversation. À Jozi, la lingua franca, c’est le sport.
Photos : DOOKphoto (portrait) ; Nick Aldridge
Bien ancrée dans tout le pays, la passion pour le sport est particulièrement vive dans la ville où l’Afrique du Sud a remporté la coupe du monde de rugby de 1995. Dans une scène célèbre, symbole de la réconciliation postapartheid, le président Nelson Mandela, portant maillot et casquette des Springboks, avait alors remis le trophée au capitaine Francois Pienaar, un Afrikaner, au stade Ellis Park (renommé Coca-Cola Park l’an dernier), au centre-ville. À Johannesburg, même les plus réfractaires au sport (une espèce rare) ont alors compris que le jeu avait le pouvoir de réunir les gens, tels le Kaizer, Lala et moi.
À Los Angeles, les potins de stars peuvent toujours servir de sujet de conversation. À Jozi, la lingua franca, c’est le sport.
Johannesburg a l’air du club des gros bras de votre école secondaire. Chacun y roule en voiture sport, y mange beaucoup de viande et y porte un maillot de rugby en toute occasion, du lunch avec la tendre moitié au mariage du meilleur ami. Mais, surtout, on y parle de sport sans arrêt, les conversations tournant autour de trois sujets majeurs : le cricket, le rugby et le football. Les plus grands stades du pays se trouvent ici, et tous les matchs importants au niveau national y ont lieu. Qui plus est, Johannesburg se prépare à accueillir le plus gros événement sportif de son histoire : la Coupe du Monde de la FIFA 2010.
Dans la paisible banlieue de Melrose, le Peech a un cachet urbain et un décor moderne branché (murs blanc pur et notes de couleur vibrantes). Les clients écolos peuvent se prélasser sous la douche de pluie sans culpabiliser : toute l’eau utilisée par l’hôtel‑boutique (y compris pour la buanderie) est chauffée à l’énergie solaire.
61 North St., Melrose, 27-11-537-9797, thepeech.co.za
Entouré de jardins méticuleusement entretenus, le Saxon est imbattable par temps caniculaire, quand il fait bon se détendre en sirotant des cocktails et en avalant des huîtres près de la piscine au Koi Lounge. Envie d’un repas en privé ? Chaque suite est dotée d’un coin salle à manger.
36 Saxon Rd., Sandhurst, 27-11-292-6000, thesaxon.com
Petit et décontracté, le Loft est un resto de quartier prisé par les résidents dans le vent de Melville. Le chef Luynda Sogiba y mitonne des plats qui s’harmonisent idéalement avec les nombreux vins sud-africains à la carte. À preuve, la longe de thon à la coriandre et à la lime servie sur un lit de beignets de maïs sucré.
6 7th St., Melville, 27-11-482-8986
La cuisine de bistro classique prospère au Bellinis, où le filet grillé sauce poivrade est bon, et le filet sauce moutarde, encore meilleur. Mais l’élégante clientèle a surtout un faible pour les délicieuses pommes de terre au four accompagnées de petits ramequins de crème sure, de pesto, de bacon, de feta, de ciboulette et même de saumon fumé.
18 Chaplin Rd., Illovo, 27-11-880-9168
Savourez une cuisine fusion bénie des dieux au resto méditerranéo-asiatique Cilantro. Les entrées de calmars et de cèpes attestent l’influence méditerranéenne, et les sublimes crevettes géantes au tamarin goûtent l’Asie. Le service va de pair avec la salle intime et obscure : l’un et l’autre respirent l’élégance, l’efficacité et la discrétion.
24E 4th Ave., Parkhurst, 27-11-327-4558
Johannesburg Stadium (photo: Nick Aldridge)
Coup de chance : c’est Johannesburg qui accueillera la Coupe du monde de la FIFA en 2010. Même si vous ne pouvez y assister, allez applaudir une des sélections nationales de rugby (les Springboks), de cricket (les Proteas) ou de football (les Bafana Bafana), ou encore vous mettre un match de ligue sous la dent. Au rugby, les Lions disputent leurs matchs locaux au centre-ville, à l’imposant Coca-Cola Park (l’ex-stade Ellis Park). Commandités par bizhub, les Highveld Lions représentent la ville dans le cadre de compétitions nationales de cricket, et un après‑midi de détente sur la pelouse du stade de cricket Liberty Life Wanderers est un vrai régal. Les trois clubs locaux de la Premier Soccer League (les Kaizer Chiefs, Orlando Pirates et Moroka Swallows) jouent dans divers stades en ville. Si vous ne pouvez obtenir de billets, optez pour le grand écran du Rock à Moroka, et restez pour la danse d’après-match.
Coca-Cola Park, angle Currey St. et Staib St., ellispark.co.za
FIFA fifa.com
FNB Stadium/Soccer City, angle Nasrec Rd. et Stadium Ave.
Johannesburg Stadium Doornfontein
Liberty Life Wanderers Stadium, angle Corlett Dr. et Rudd Rd., 27-11-340-1500, wanderers.co.za
Rand Stadium Rosettenville
The Rock 1987 Vundla Dr., 27-11-986-8182
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Sonam
Premier prix, catégorie récit.
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