Arts & culture

L’exhibitionniste

Le milieu des arts pourrait tirer quelques leçons de Scott Burnham, qui réinvente la galerie traditionnelle en exhibant l’art dans la rue.

Par Craille Maguire Gillies
Photos par Geneviève Caron

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Quelques semaines plus tard, Burnham est cette fois dans le Red Light à Montréal, en route vers un centre d’art et de technologie. L’affiche égrillarde du Café Cléopâtre brille de tous ses feux sur le trottoir d’en face. Avec un nombre sans cesse grandissant de galerie et de théâtres, le secteur se transforme en Quartier des spectacles.

Burnham fait partie des 11 personnes, surtout des architectes et des designers, qui projetteront en accéléré des diapos lors d’une soirée Pecha Kucha, une rencontre intime qui se tient dans des dizaines de villes à travers le monde.

Le public, surtout de jeunes branchés, s’entasse sur des chaises ou dans des gradins, ou reste debout sur le plancher de béton tels des écoliers dans un gymnase. Burnham est en verve alors qu’il explique le thème de
« culture ouverte » choisi par la Biennale pendant que défilent sur écrans géants des photos d’art de rue qu’il affectionne. « Je n’ai de prise que sur la genèse du projet, pas sur son aboutissement. L’œuvre finale, lance-t-il au public attentif, c’est vous qui la ferez. »

Tel un apôtre, Burnham prêche un art nouveau fondé sur l’interactivité. « La force de Scott, c’est de savoir générer une énergie qui sert l’art autant qu’elle fait la promotion de son système d’idées, dit la photographe Angela Grauerholz, qui l’a vu à l’œuvre. Les étudiants adorent ça, même s’ils ignorent qu’il recontextualise des idées ayant cours depuis des décennies. Il les fait s’enthousiasmer pour l’art et provoque chez eux une remise en question de ce qu’ils ont toujours tenu pour acquis. Leur regard sur la ville change radicalement. »

Pour illustrer la façon dont certaines villes deviennent des galeries d’art à ciel ouvert, Burnham sort son portable et me montre des centaines d’œuvres créées par les plus grands « interventionnistes urbains » du monde. Il s’arrête à une série du collectif britannique CutUp, qui découpe des panneaux-réclames et les recompose en images nouvelles et provocatrices. « Voilà le summum de la créativité. C’est comme Hemingway racontant l’Espagne ou Miller décrivant le Paris des années 1930. Personnellement », poursuit-il, après avoir cliqué sur l’image recomposée par CutUp d’un garçon en pleurs, « je n’ai jamais rien vu d’aussi fort dans une galerie. »


Pour en savoir davantage sur Urban Play: The Spirit of the City, voir urbanplay.org. Pour participer à la Biennale de Montréal 2009, voir biennalemontreal.org.


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Publié: 1 octobre 2008. Étiquettes: art dans la rue, Droog Design, Scott Burnham, Urban Play.

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