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Ma jument s’appelle Mantequilla, ou beurre, en 
espagnol. Bien que douce, elle avance sur une piste boueuse et défoncée qui serpente de colline bossue en butte rocailleuse dans un embrouillamini de courbes isohypses. Autour de moi, tout éclate de vert : fougères et feuillages lustrés, lianes tombantes tendues de mousse, buissons vernissés émeraude. C’est avec la vague idée de communier avec cette luxuriance de végétation rampante que Mantequilla et moi sommes ici, à gravir cette montagne boisée.

Je me trouve sur la péninsule montueuse de Samaná, au nord-est de la République dominicaine, chevauchant dans la jungle en quête d’une cascade (prétendument) toute proche. Avant de venir ici, je m’étais laissé dire que cette presqu’île de 50 km de long était un paradis tropical secret, une retraite pour bourlingueurs écolos, un antidote à la superficialité programmée des plages et de la bachata. Mais j’ignorais qu’elle était toute tapissée d’une vaste forêt remplie d’orchidées aux paysages d’une beauté quasi surnaturelle. Je ne savais pas qu’elle était si indomptée.

Pêcheurs à l’œuvre près 
de la Playa Rincón.Pêcheurs à l’œuvre près 
de la Playa Rincón.

Au bout de près d’une heure de marche pénible et de virages sans fin, Mantequilla et moi débouchons sur une clairière au sommet. Un panorama vallonné s’étend de tous côtés : une infinité de collines couronnées de palmiers, la mer bleu-vert partout alentour. Au loin, je discerne des îlots rocheux couverts de frégates à gorge rouge. De l’autre côté de la baie se trouve une réserve de 
la biosphère où abondent les cavernes ornées de pétroglyphes et les mangroves.

À la fin du sentier, là où une cabane en bois surplombe un ravin, je mets pied à terre et descends un escalier creusé à même la falaise. Les marches sont si nombreuses que j’en viens à croire que c’est l’entrée d’un ancien temple taïno. Tout en bas, je l’entends enfin : la cascade d’El Limón. Je franchis un dernier coteau densément verdoyant et arrive au pied de la chute de 50 m, l’une des gloires des Antilles. Des torrents d’eau de source s’élancent de tout là-haut pour s’écraser en rideaux d’écume constellés d’un million de petits arcs-en-ciel. J’enlève chemise et chaussures et plonge dans une eau froide et vivifiante. Le flot ruisselle sur mes épaules ; on dirait qu’un géant me masse.

On vous sert à boire avec le sourire sur la Playa Cosón.On vous sert à boire avec le sourire sur la Playa Cosón.

Pour me remettre de mon périple dans la jungle, je flâne quelques jours sur la Playa Cosón, inaltérée, première au palmarès du Luxury Living des 10 plages où vivre. Le CasaCoson est un hôtel chic et décontracté, propriété de Marzia et Yvan Magnien, 
ex-stylistes parisiens retirés ici après avoir popularisé les leggings. Il n’y a quasiment aucun édifice en vue. « Chaque matin, votre fenêtre s’ouvre sur cette carte postale », résume Marzia en étendant les bras.

Un déjeuner de fruits tropicaux au CasaCoson. Un déjeuner de fruits tropicaux au CasaCoson.

En début d’après-midi, parti me balader, j’arrive bientôt au Beach Restaurant. Je m’attable, admirant les palmiers royaux dispersés sur l’impeccable propriété, et je commande un spaghetti aux palourdes. Celles-ci rivalisent avec les meilleures que j’aie goûtées à Rome ou à Venise.

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jean-guy couture

Lundi, 3 décembre 2012 20:52
le 13 janvier 2013 moi et sylvie ont sera en RD a Samana au Bahia Pricipe votre revue En Route Air Canada nous fait rêver .
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