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Aspen exerce l’attrait d’une clinquante station de montagne où le service du caviar sonne la récréation d’après-ski et où même les chiens paradent en Moncler. Et effectivement, durant mon séjour dans cette ville de ski du Colorado, je constate rapidement que les restos se distinguent par des plats coûteux et des cartes des vins qui semblent demander : « Où est votre limite ? » Mais je découvre aussi qu’en dépit des prix cinq étoiles il est possible de manger en grand à petit budget. C’est que je viens d’apprendre un truc bien connu des gens du coin : la meilleure place est au bar.

Bon nombre des quelque 100 restos en ville proposent au bar un menu abrégé de plats à prix réduits, en portions plus petites (nous sommes au cœur des États-Unis, après tout). Non seulement est-il plus économique de se percher sur un tabouret, c’est aussi bien plus agréable. J’engage la conversation avec les barmans et mes voisins de bar, qui me filent des infos sur le coin. Les drinks qui glissent jusqu’à moi me rassurent : si j’ai déterré un secret local, ça ne chiffonne personne.

Aspen

Un des menus incontournables auxquels on m’initie est celui du Jimmy’s. Une fois que je passe outre à l’ambiance de café sportif (haut de gamme, quand même) du bar, où plusieurs télés sont branchées sur un match, j’apprends des employés que Jimmy Yeager est dans les faits l’ambassadeur culinaire d’Aspen. On me dit qu’il anime souvent au festival annuel Classic in Aspen de Food & Wine et qu’il est un des grands experts américains du mezcal. Sur les murs de son établissement ouvert il y a 20 ans, ses copains chefs Mario Batali, Bobby Flay et Daniel Boulud ont griffonné des blagues d’initiés. Le menu propose une cuisine américaine de pub issue de sources durables, revue et corrigée avec brio. J’opte pour les tacos de coryphène grillée et les croquettes de gros morceaux de crabe bleu, faites de crabe et d’apparemment rien d’autre, qui se défont en savoureux blocs de chair.

Les amuse-bouches du Jimmy’s me mettent en appétit pour la suite. Comme après le ski je ne désire rien de plus ardemment qu’un steak, je vais m’asseoir au bar du Monarch, au décor de club privé à l’ancienne (avec force tabourets de cuir à rivets et barmans à gilet). On y décline le steak du tartare au tomahawk, mais je décide de m’aventurer hors piste et opte pour le Bunny Chow. Ce bol en pain rempli d’un ragoût à la mode de Durban est l’hommage du copropriétaire Craig Cordts-Pearce à la cuisine de rue de son pays natal, l’Afrique du Sud. Pour ne pas être en reste, sa femme, Samantha, qui a étudié à Montréal, a mis au point une succulente poutine au lapin braisé, qui heureusement pour moi ne lésine pas sur le fromage en grains.

S’il est vrai qu’à Aspen chaque jour est l’occasion de manger au bar, certains jours en semaine sont une meilleure affaire encore que les autres. Au resto de Nobu Matsuhisa, ce qui du dehors a l’air d’une maisonnette victorienne de prospecteur minier s’ouvre sur une salle à manger étonnamment vaste au sous-sol. Mais les soirs de Monday Night Football, toute l’action est au comptoir. Je me joins aux autres clients du bar qui s’envoient d’abordables plats de la cuisine japonaise aux influences latino-américaines du célèbre chef, tels que tacos au thon rouge, et qui sirotent des cocktails au shochu. En jetant un œil aux tables plutôt dégarnies de la salle à manger depuis le bar archi-bondé, je décèle dans le regard perplexe des clients couverts de fourrures quelque chose que je n’avais pas prévu : la peur de manquer quelque chose. Que dire ? C’est juste mieux au bar.

Jimmy's, 205 S. Mill St., 970-925-6020, www.jimmysaspen.com
The Monarch, 411 S. Monarch St., 970-925-2838, monarchaspen.com
Matsuhisa, 303 E. Main St., 970-355-3044, matsuhisarestaurants.com

 

BONS TUYAUX

3 Autres menus de bar essentiels

The Living Room

Photo : Hotel Jerome

The Living Room

Au bar-salon avec foyer de l’hôtel Jerome, goûtez aux plats réconfort haut de gamme du chef de cuisine Rob Zack, style choux de Bruxelles à saucer dans un houmous à l’harissa. Les boulettes de viande fondantes (recette de son grand-père italien) sur polenta crémeuse sont inoubliables, et la soupe au poulet (nouilles aux œufs, gras de poulet fondu, etc.) fait fureur après le ski.

hoteljerome.aubergeresorts.com

L’Hostaria

Photo : Gracieuseté de l’Hostaria

L’Hostaria

Les antipastis rustiques et pâtes maison du chef Tiziano Gortan (qui a déjà travaillé comme chef pâtissier pour U2) sont d’une sobre élégance. Optez pour les gnocchis au gorgonzola arrosés d’un verre de gavi. Ici, les prix du menu du bar et des vins sont parmi les meilleurs en ville.

hostaria.com

Cache Cache

Photo : Chris Lanter

Cache Cache

Le chic comptoir de ce bistrot français aux lumières bleues de boîte de nuit huppée explique sans doute pourquoi on aime y amorcer une tournée des bars. Avec des classiques tels beignets de crabe et coq au vin, la cuisine du chef Nathan King (et la carte des vins de 111 pages) satisfait les appétits avant le prochain arrêt.

cachecache.com

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