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Le guide de survie des vacances tout compris

Au Club Med de Mexico, notre reporter oublie tous ses soucis et apprivoise la formule tout compris.

Bains de soleil; Club Med, Mexique

Il n’est que 10 h 30, mais le soleil brille au-dessus d’une légion de parasols et il fait déjà assez chaud pour cuire une omelette mexicaine baveuse au bord de la piscine du Club Med Ixtapa Pacific. Serviette à la main, je cherche une chaise longue à l’ombre. Un gars étrangement vêtu en stormtrooper de La guerre des étoiles passe près de moi, portant en équilibre une assiette de brochettes de fruits ; d’autres serveurs transportent des plateaux de boissons fraîches. Ils ont aussi du fromage, mais c’est du « fromage » sans produits laitiers.

Les haut-parleurs crachent le classique rock des années 1980 Panama, et Slash de Guns N’ Roses (ou plutôt un imposteur à perruque longue et frisée) court autour de la piscine tel un virtuose de la guitare imaginaire, en prélude à… une séance d’aquaforme ? C’est carrément loufoque et parfait pour un public de tout âge, ce qui n’a pas toujours été le cas au Club Med.

Aujourd’hui, le Club Med n’est plus le temple du mononcle en Speedo. Les chaînes en or et les « C’est quoi, ton signe ? » de gino qui ont fait du premier village vacances tout compris du monde un emblème des années 1960, 70 et 80 ont disparu, remplacés par les clubs pour enfants, les cours de trapèze volant et les parents indulgents. (« Katie, arrête de te mettre le doigt dans l’œil, et tu vas arrêter d’avoir mal », ai-je entendu un père à bout de nerf dire à sa progéniture.) L’entreprise a laissé tomber de vieux hôtels et en a revampé d’autres, s’élevant dans l’échelle du luxe à coup de draps fins et de bonne cuisine. Malgré tout, j’ai toujours gardé mes distances avec les vacances tout compris, les jugeant faites pour ceux qui, à l’étranger, veulent éviter les situations dangereuses (comme parler avec les gens du coin ou manger dans des restos sans le sceau Zagat). Bref, je n’avais rien compris au tout-compris.

Yoga; Club Med, Mexique

On évolue, apparemment. Pour ce voyage (avec belle-famille et nièces), nous sommes neuf, et une simple tâche telle que réserver une table au resto devient herculéenne. Avec une seule semaine à ma disposition, je n’essaie même pas ; je veux me détendre. Me voici donc qui flâne dans les magnifiques jardins soignés de l’Ixtapa Pacific, où les iguanes jouent à cache-cache parmi les plantes tropicales. Sous une pagode au toit de chaume, hommes et femmes suivent un cours de yoga donné par un des GO à l’inépuisable jovialité du Club Med, ce qui s’inscrit dans la culture du sport et du service à la clientèle qui est la marque de l’entreprise française depuis ses débuts en 1950. Comme je m’installe avec une bière au bar de la piscine, une voix dans mon dos demande si on pourrait faire la seule activité qui, dans notre famille, passe pour un sport de compétition. « Papa, s’enquiert Mica, mon fils. Est-ce qu’on peut manger ? »

Déboulant au resto principal, El Encanto, pour le buffet du jour, nous tombons pile devant une sélection de desserts et de gelatos. Il y a, bien sûr, de la pizza, des burgers et des frites, mais aussi des chilaquiles, des tortillas de maïs toutes fraîches, des taquitos et des chiles rellenos. C’est presque trop. « Par quoi on commence, fiston ? » dis-je. Mica balaie la salle du regard. Puis la bouche lui bée. « Par ça », répond-il en indiquant un énorme poisson à l’impressionnante nageoire dorsale intacte. On est à le tailler en carpaccio.

Après le dîner, Mica et ses deux cousines vont faire du surf horizontal dans le Pacifique, tandis que ma femme et sa mère assistent à un cours de cuisine mexicaine. En quête d’un bonheur moins structuré, j’attrape un bloody Caesar à la téquila au bar et me rends à la plage, où je m’installe sur une chaise longue à côté de mon beau-frère, Graham. Un GO frisé et râblé, Diego, vient nous voir. « Tout va bien ? demande-t-il. Vous lisez quoi ? » « La guerre de Sécession », réplique Graham. « Les Nordistes gagnent à la fin, rétorque Diego. Oups, j’ai vendu le punch. »

Cocktails; Club Med, Mexique

Je commence à apprécier le confort du prévisible ; c’est un rythme qui incite à la relaxation. Après le déjeuner, piscine. On nage jusqu’à ce que le soleil tape trop fort, puis on joue au ping-pong. Après le dîner, direction plage. Trempette. Repas. Rebelote. Les enfants jouent sans surveillance. Rien à prévoir, à réserver, à s’inquiéter. Allongé sur mon transat, une lourde biographie sur les genoux, je réalise tout à coup que c’est la première fois depuis des années que je suis vraiment détendu.

En fin de journée, nous allons à la plage. El Encanto est fermé, mais un resto qui sert des mets méditerranéens, tels paellas et tajines marocains, a poussé sur le terrain de foot. Quand je suis passé par là plus tôt, j’ai vu une équipe d’employés qui installaient un treillis de fils à 6 m du sol ; on y a depuis accroché des dizaines de grands globes blancs. Sur la plage, nous regardons un soleil couleur mangue décliner et virer au carmin avant de disparaître. Les yeux fermés, je prends une gorgée de mon drink. Quand on allumera les lanternes suspendues à la nuit venue, le ciel se remplira de lunes.

Club Med Ixtapa Pacific, clubmed.ca

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