Une joaillière de Winnipeg transforme des distributeurs automatiques en bijoux —

Lisa Pointon-Reico sur la quête de matériaux recyclés et les musées qui inspirent ses créations.

Lisa Pointon-Reico n’est pas du genre à craindre un éclat de couleur ou un motif voyant. (Il faut voir les bijoux remarquables qu’elle met dans son bagage à main.) Cofondatrice de la marque de bijoux écologiques dconstruct, elle crée des pièces emblématiques à base de résine recyclée et de béton : boucles d’oreilles, bracelets, bagues et plus encore. Lorsqu’elle n’est pas en déplacement, à visiter des musées comme le Guggenheim et le Musée des beaux-arts de l’Ontario (qui proposent tous deux des bijoux dconstruct) ou à se mêler aux artisans de la foire One of a Kind, à Toronto, elle met la dernière main à ses bijoux artisanaux à sa boutique du Forks Market, à Winnipeg.

enRoute Qu’est-ce qui vous a poussée à lancer dconstruct ?

Lisa Pointon-Reico La mode et le design m’ont toujours intéressée, mais lorsque mon mari et moi avons commencé à créer des bijoux, ce n’était qu'un passe-temps. Nous avions chacun un emploi à temps plein ; j’étais assistante dentaire en orthodontie et lui, développeur de logiciels. Mais curieusement, nos compétences à tous deux nous servent parfaitement dans notre nouvelle carrière : les pinces servant en orthodontie sont les mêmes qu’en joaillerie, et les compétences de mon mari en développement logiciel font qu’il s’occupe de tout le côté Web et qu’il programme notre machine-outil à commande numérique, dont nous nous servons pour tailler une bonne partie de notre résine.

ER D’où proviennent vos matériaux ?

LPR La résine recyclée de tous nos bijoux provient de rebuts industriels, style couvercles de distributrices et de puits de lumière. Au lieu d’être jetée, cette résine est refondue et vendue en feuilles pour la fabrication de lambris muraux, ou, dans notre cas, de bijoux.

ER Parlez-nous de votre collection de soie sauvage.

LPR Il y a quelques années, une entomologiste de l’université Harvard qui a fondé l’ONG Conservation through Poverty Alleviation, International nous a contactés. En gros, elle enseigne aux communautés d’artistes de Madagascar à cultiver le ver à soie, à teindre à la main les cocons vides et à les tisser pour créer une étoffe. Nous soutenons les collectivités en achetant ces belles œuvres d’art et en les recouvrant de résine pour donner de la couleur et de la texture à nos bijoux de soie sauvage.

ER Pourquoi n’y a-t-il pas plus d’entreprises qui se servent de matériaux recyclés ?

LPR Je crois que plusieurs entreprises ne savent pas où commencer. En général, il faudrait plus d’information, peut-être même sous la forme de programmes d’initiation pour aider les entreprises à devenir plus écologiques. Nous travaillons avec la résine recyclée, mais avons encore beaucoup à apprendre. C’est un processus constant.

ER Qu’est-ce qui inspire vos créations ?

LPR Notre inspiration provient essentiellement des formes architecturales simples et épurées, ou parfois de l’essai de nouveaux matériaux. À chacun de nos voyages, mon mari et moi nous faisons un devoir de visiter les musées locaux. Nous allons à New York plusieurs fois par an et le MoMA inspire beaucoup de nos formes et de nos créations. Au pays, le Musée canadien des droits de la personne m’attire. Souvent, ce ne sont pas des structures entières, mais plutôt une couleur spécifique ou la courbe d’un bâtiment qui fait surgir une idée pour notre prochaine collection.
 

Les adresses de Lisa Pointon-Reico à Winnipeg pour…

une sortie en soirée je recommande vivement le Segovia, un comptoir à tapas avec un menu constamment renouvelé.

une étincelle d’inspiration je passe beaucoup de temps dans les musées, la Winnipeg Art Gallery ou encore à explorer l’Exchange District, un quartier historique.

un café Le Fools & Horses et le Parlour Coffee sont mes préférés, tant pour l’ambiance que pour leur café.

la vue Mon endroit préféré est La Fourche, au confluent des deux rivières.

28 août 2019

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