Comment vous évader réellement lors de votre prochain voyage

Loin des yeux, loin du cœur ? Et si le cœur brouillait les distances ?

Votre cœur s’attise à l’achat d’un billet d’avion qui vous fera changer de fuseau horaire ? C’est normal. « Les destinations lointaines sont attrayantes justement parce qu’elles sont lointaines », démontre une étude publiée par le Journal of the Academy of Marketing Science. Plus une destination paraît reculée, plus elle est attirante. Ainsi, pour les Vancouvérois, les pentes de Whistler ne procurent pas le même sentiment d’évasion que les décors alpins des monts Blanc et Cervin.

Nous parcourons des kilomètres et des kilomètres pour nous évader, mais la distance perçue du trajet dépend bien souvent de la quête. En d’autres termes, le temps qu’il faut mettre pour gagner un lieu est parfois moins important que notre envie d’y être.

Non seulement nos désirs priment la distance, mais ils modifieraient aussi notre perception. Des chercheurs de l’université de New York ont mis cette hypothèse à l’épreuve à l’aide d’une série de tests. Dans l’un d’eux, des piétons devaient évaluer leur enthousiasme au moment de leur départ et comment ils pensaient se sentir à l’arrivée, avant d’estimer la portion du trajet qu’ils avaient effectuée. Plus la destination était vue de manière favorable, plus les piétons s’en croyaient près.

24 janvier 2020
Une illustration animée d'étoiles filantes au-dessus d'un homme et d'une femme sur les côtés opposés du globe

Dans une autre expérience, des touristes à New York devaient lire des avis positifs ou négatifs sur Coney Island. Lorsqu’ensuite on leur demandait à quelle distance se trouvait ce quartier en bord de mer, ceux qui avaient lu au sujet du popcorn cramé et des pickpockets répondaient qu’il était loin, tandis que ceux qui avaient lu sur le soleil et la barbe à papa semblaient déjà en respirer l’air salin.

Puisque les distances perçues sont souvent mesurées au compas interne, la distance culturelle pèse lourd dans la balance. Deux Canadiens parcourront grosso modo la même distance jusqu’à Bangkok et Sydney, mais il y a fort à parier que celui qui atterrira en Thaïlande se sentira plus loin de la maison, explique Lile Jia, professeur adjoint de psychologie à l’université nationale de Singapour. « La distance physique joue parfois un rôle moindre que la distance psychologique », dit-il.

Pour vous évader réellement lors de votre prochain voyage, il vous faudra peut-être visiter un lieu reculé. Heureusement, si l’endroit fait battre votre cœur, il vous paraîtra sans doute plus rapproché.
 

Ici comme nulle part — Ces études révèlent que nos impressions de la distance sont souvent flouées.

  • L’effet « retour à la maison » Avez-vous remarqué que le vol de retour paraît souvent plus court que celui de l’aller ? Des chercheurs de l’université Tilburg, aux Pays-Bas, croient que c’est parce que nous sommes trop optimistes quant à la durée du vol initial. Nos attentes sont plus pessimistes au retour, et au final, le vol paraît plus court, bien que la distance demeure la même.

  • L’effet « études à l’étranger » La distance permet-elle au cerveau de mieux réfléchir ? Dans le cadre d’une étude de l’université de l’Indiana, deux groupes devaient résoudre les mêmes énigmes. Le premier croyait que les exercices venaient directement de l’Indiana, alors que l’autre avait été informé qu’ils étaient issus d’un programme d’études grec. Résultat ? Ceux pour qui la tâche fleurait bon la Méditerranée ont soumis avec plus de facilité des réponses plus originales.

  • L’effet « sens unique » La direction dans laquelle nous voyageons influence notre perception de la distance. Sur le quai de la station de métro Bay, à Toronto, des usagers ont dû évaluer la distance qui les séparait des autres stations. Les réponses différaient toutes selon le sens du trajet. Ceux qui allaient vers l’ouest voyaient les stations à l’ouest de Bay plus près que ceux qui voyageaient vers l’est, et vice versa.

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