Voici comment le plogging sauve le monde, un entraînement à la fois

Munie d’une bouteille d’eau et enduite de FPS 60, j’ajuste mes lunettes de soleil en vue d’une randonnée automnale sur les berges de la rivière Salée, juste au nord de Mesa, en Arizona. Avant le départ, je reçois une paire de gants, un sac à ordures et une longue pince à déchets. Après de brèves consignes de sécurité, nous voilà partis.

Je m’en vais écojogger avec un groupe de femmes en tenue d’entraînement, un homme seul et une jolie chèvre blanche du nom de Bugsy.

L’écojogging, né en Suède mais qui fait des petits sur les sentiers du monde entier, combine jogging (ou randonnée, dans notre cas) et ramassage de déchets. J’ai croisé ma première écojoggeuse il y a quelques mois, sur l’île Fogo, à Terre-Neuve. La jeune Torontoise remplissait un sac des rebuts accumulés le long du Joe Batt’s Point Trail. Elle m’a dit s’armer de sacs à ordures à chaque sortie, et de mélange montagnard.

02 décembre 2019
Illustration d'une personne en randonnée avec une poubelle comme sac à dos

Si ramassage rime avec tout voyage, en cette matinée arizonienne ensoleillée, je me joins à un groupe de résidents, nouant des amitiés et découvrant cette rivière qui serpente dans le désert. Notre fervente meneuse, Sarah Williams, a fait son premier écojogging en Suède il y a quelques années. Rentrée au bercail, elle s’est associée au groupe environnemental bénévole Natural Restorations et s’est mise à distribuer des sacs à ordures lors de sorties dirigées.

« Si on fait en sorte que ramasser des déchets soit amusant, ai-je dit, plus de gens le feront », résume Mme Williams, proprio de Desert Paddleboards et d’Arizona Goat Yoga (qui emploie Bugsy). D’où l’ajout d’un entraînement. À toutes les quelques minutes, on pose la pince à déchets pour s’activer avec des séries de fentes avant, de pompes et de squats. La force du tronc est bien pratique quand on doit s’étirer, sur un pied, pour atteindre un sac de plastique qui bat dans le vent sur une branche.

Sur les sentiers nous trouvons tessons de bouteille, mégots (qui mettent 12 ans à se décomposer) et çà et là des vêtements. Quand quelqu’un ramasse une botte (la plus exotique trouvaille du jour), nous célébrons gaiement. « On dirait une chasse au trésor », sourit Mme Williams. Bien sûr, le vrai trésor, c’est la satisfaction d’assainir le territoire. Et le bonheur d’entrevoir un reflet derrière un cactus pour découvrir un emballage de bonbon… plus une canette de bière.

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