Transportez‑vous en Sardaigne

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Faites une immersion culinaire, cinématographique et littéraire dans l’une des régions les plus mémorables d’Italie.

Certes vos projets de voyage devront attendre, mais avec un peu d’imagination, vous pouvez vous échapper virtuellement où vous voulez. En attendant, grâce à notre rubrique Explorez la planète sans sortir de chez vous, voyagez dans le confort de votre foyer et découvrez n’importe quelle destination dans le monde, ici, maintenant.

La première fois que mon mari est allé en Sardaigne, je n’ai consulté ni cartes ni guides de voyage. Étant donné qu’il s’y rendait pour affaires, je n’allais pas tourner le couteau dans la plaie en découvrant quels endroits, en Italie, il allait visiter sans moi.

Si j’avais lu sur la destination, j’aurais appris que c’est la deuxième plus grande île de la Méditerranée, avec près de 1900 km de côtes, dont une partie héberge des colonies de flamants roses. J’aurais également découvert de belles plages, dont plusieurs sont courues pour leur sable fin, où de toute façon mon mari n’aurait pas pu se rendre, à cause de son boulot et tout ça.

Il s’est avéré qu’il s’en est mis plein la vue.

09 avril 2021
Les nageurs debout le long des falaises rocheuses d'une plage sarde
La vue d'un hors-bord du haut d'une falaise
   Photos : Massimo Virgilio (gauche) ; Riccardo Pitzalis (droite)

« Faut que tu m’accompagnes, la prochaine fois », insista‑t‑il. C’est ainsi qu’à l’automne 2019 je me suis retrouvée dans l’avion pour Rome, d’où j’allais prendre un vol d’une heure vers la Sardaigne.

En seulement un court séjour d’une semaine, je n’ai pu voir qu’une petite partie de ce que l’île avait à offrir. J’ai donc vraiment hâte d’y retourner quand la planète rouvrira. En attendant, embarquez avec moi, et faisons semblant d’y être, en ce moment. Virtuellement.

La Sardaigne par la cuisine

Il est toujours préférable de voyager l’estomac plein, même si on ne bouge pas de son foyer. Dans ce charmant documentaire de la BBC, Rick Stein, documentariste britannique devenu chef, met la table à une excellente initiation à la cuisine sarde. Buon appetito!

Sur une île où les moutons sont plus deux fois plus nombreux que les bipèdes, le fromage est au menu et fait partie de l’alimentation au même titre que les fruits de mer, alors rendez‑vous dans votre fromagerie de quartier préféré et faites‑en provision. Pareil pour le pane carasau, une variété de pain concocté spécialement pour les bergers, que vous pouvez trouver dans des épiceries fines italiennes.

Parmi les pâtes préférées des Sardes, il y a les culurgiones, demi‑lunes farcies de fromage, de pommes de terre bouillies et de menthe, et les malloreddus, sorte de petits coquillages, habituellement servis nappés d’une sauce tomate‑porc haché. Apprenez à concocter ces deux variétés grâce à ces vidéos des Pasta Grannies (mamies italiennes), servez‑vous de généreuses portions et préparez‑vous à décoller.

Un phare au sommet d'une colline rocheuse en Sardaigne
   Photo : Riccardo Pitzalis

La Sardaigne par le septième art

Avec ses hautes falaises et ses pitons rocheux qui offrent une vue imprenable sur la mer turquoise, qu’on dirait teinte avec du colorant alimentaire bleu et vert, la Sardaigne est une beauté naturelle, la toile de fond idéale où tourner de grands films (ou des œuvres plus modestes).

Commencez la visite grâce au populaire James Bond de 1977, L’espion qui m’aimait, qui a été tourné en partie à Porto Cervo, station balnéaire située au nord‑ouest de l’île, développée par l’Aga Khan et d’autres investisseurs. Pas nécessaire d’être un fan de l’agent 007 pour apprécier le décor (et l’interprétation de Carly Simon chantant Nobody Does it Better).

Un bateau passant par Port Cervo en Sardaigne
Porto Cervo.   Photo : Red Charlie
Un escalier intégré dans la côte rocheuse de Capo Caccia, Sardaigne
Capo Caccia.   Photo : Jurgen Scheeff

Sinon, L’étalon noir propose une visite plus approfondie de l’île. La distribution (à deux comme à quatre pattes) et l’équipe technique du film de 1979 ont dû tourner de difficiles bien que mémorables scènes dans des endroits improbables, dont la marina d’Arbus sur la côte sud‑est, Capo Caccia et Costa Paradiso au nord, ainsi que La Caletta et Cala Gonone sur la côte orientale.

Si vous êtes en mesure d’endurer de mauvais films, des films sexistes ou les deux, vous constaterez à quel point la Sardaigne a fait du chemin, entre la fin du XXe siècle et le début du XXIe, en visionnant Vers un destin insolite sur les flots bleus de l’été, le controversé classique de Lina Wertmüller, tourné en 1974, et le remake qu’en a fait Guy Ritchie, en 2002, avec Madonna, son épouse de l’époque, sous le titre À la dérive. La version du Britannique a été descendue par la critique, mais les cadres enchanteurs de Cala Fuili, Cala Luna et Capo Comino sont les vraies stars, et remportent la palme.

La lumière du soleil éclairant la côte rocheuse et les eaux bleues de la Sardaigne
   Photo : Matteo Pilleri
Escalade en Sardaigne
   Photo : Riccardo Pitzalis

La Sardaigne par l’escalade

La côte orientale sarde est une destination très prisée des amateurs d’escalade, attirés par ses parois verticales, aussi éprouvantes que photogéniques.

Si vous souffrez de vertige, évitez cette vidéo de grimpeurs s’attaquant à l’emblématique Pedra Longa (littéralement « la longue pierre »), falaise calcaire qui s’élève à 128 m au‑dessus de la mer. Pour une vue tout aussi époustouflante, regardez ce clip d’amateurs d’escalade, qui surplombent la Méditerranée, près du village d’Ulassai.

Cependant, pas besoin d’être un grimpeur pour apprécier les merveilles géologiques sardes. On peut opter pour une autre activité et visiter les nombreuses grottes de la région. Toujours à Ulassai, découvrez la grotte Su Marmuri, la vedette incontestée de cette vidéo. La bien nommée grotte de Neptune, dont l'entrée est à 1 m au‑dessus du niveau de la mer et qui n’est accessible que par bateau ou en descendant les 654 marches depuis le stationnement sur la falaise de Capo Caccia, est particulièrement spectaculaire, comme l’illustrent ces impressionnantes images.

La Sardaigne par les musées

Faites un voyage dans le temps. La visite virtuelle du musée archéologique national de Cagliari est une fort belle façon de s’initier à l’imposante histoire ancienne de la Sardaigne. Omniprésents sur l’île, les nuraghes, petits fortins datant de 1800 ans avant J.‑C., érigés avec des pierres non pas scellées au mortier, mais bien grâce à d’ingénieuses techniques relevant presque de la sorcellerie, sont les vestiges les plus représentatifs du lointain passé de l’île. Le mieux préservé des quelque 7000 nuraghes encore debout est à Su Nuraxi de Barumini, site archéologique classé au patrimoine mondial de l’Unesco, à environ une heure de route au nord de Cagliari. À voir ici virtuellement, sous tous les angles.

Les nuraghes de la Sardaigne
   Photo: Jurgen Scheeff

La Sardaigne par les livres

L’une des enfants chéries les plus connues du pays est la lauréate du Nobel de littérature 1926, Grazia Deledda (1871‑1936) qui, déjà dans la vingtaine, écrivait presque un livre par an. Bien qu’elle ait déménagé à Rome, jeune adulte, plusieurs de ses romans se passent en Sardaigne. Parmi ceux qui ont été traduits, Roseaux au vent est considéré comme l’un des meilleurs.

Après une éreintante journée à visiter des sites touristiques, quoi de mieux que de se lover dans un fauteuil avec un bon livre ? Et s’il parle de visites touristiques, c’est encore mieux. Sardaigne et Méditerranée raconte le voyage que l’auteur britannique D.H. Lawrence et sa femme y ont fait en 1921, depuis leur maison en Sicile.

Près d’un siècle plus tard, l’auteur Niall Allsop et son neveu, le photographe Graham Allsop, sont partis sur les traces du couple Lawrence, aventure qu’ils relatent dans leur carnet de voyage intitulé Keeping up with the Lawrences: Sicily, Sea and Sardinia Revisited.

Les aventures des Allsop sont peut‑être moins connues que celles des Lawrence, mais elles célèbrent tout autant la Sardaigne, cette destination de rêve.