Yan Dining Room
Toronto, ONT.
Par Tara O’Brady
Photos de Johnny C.Y. Lam
Les banquets chinois sont synonymes de générosité et d’hospitalité. Chez Yan, cette tradition devient intime et éducative.
Depuis près de trente ans, le Hong Shing, à Toronto, est une constante, même s’il n’est pas resté inchangé. Colin Li a repris l’affaire familiale il y a huit ans (les habitués de longue date se souviendront du jour où l’enseigne d’origine a reçu un coup de neuf). En 2024, la chef Eva Chin a rejoint l’équipe à titre de directrice culinaire et a lancé le Yan Dining Room, un micro-restaurant au sein même du restaurant principal.

Trois soirs par semaine, 28 convives se voient offrir un menu dégustation de huit services, un chiffre qui ne reflète pas entièrement l’abondance de l’offre. Les collations comptent à elles seules cinq petites assiettes et le dessert est en fait un duo. L’équipe est réduite, soudée, et inclut l’épouse d’Eva Chin.
Le menu dégustation est pensé comme un dialogue entre la structure du banquet et le parcours de vie personnel de la chef. Eva Chin qualifie ses plats de néo-chinois, ou de « lettre d’amour à notre culture, à notre cuisine et à notre communauté. C’est là où la tradition et l’avant-garde peuvent se rencontrer harmonieusement ». Le menu change tous les mois.

« Yan » signifie banquet en chinois, et le repas est empreint d’une douce cérémonie. Eva Chin présente les plats en séquences. Un gong retentit avant qu’elle ne prenne la parole. Mais lorsqu’elle prend la parole, toute solennité s’efface.
Eva Chin a de la présence, une précision académique et une vulnérabilité captivante. Chaque plat est placé dans son contexte historique, technique et personnel, comme si elle en parlait autour de la table de sa cuisine. Les invités rient, lui répondent. Eva Chin évoque les commerçantes de la rue Spadina, qui l’appellent « beau garçon ». Les soutenir fait partie des nombreux engagements qu’elle a pris en faveur de la durabilité, rendant leurs moyens de subsistance viables et célébrant leurs produits à leur juste valeur.

Tout le monde est servi en même temps. « Cela maintenant un lien entre les convives et permet aux conversations de démarrer aussitôt que chacun a commencé à savourer le plat, à sa manière », explique Eva. « Les murmures joyeux flottent dans l’air, et j’aime entendre ce bourdonnement, alors que les convives s’échangent leurs impressions. »
À la fin de la soirée, les invités s’en vont sans se presser, serrant dans leurs bras des sacs remplis de précieux restes. La générosité est bien sentie, en témoignent les cadeaux d’adieu d’une hôte qui tient vraiment à ce que les convives mangent bien demain aussi.
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