Le charme tranquille d’une table pour un

Sumibiyaki Arashi à Vancouver

“Autant le rituel de souper au restaurant consiste à être parmi d’autres, autant le souper en solitaire est un acte de souveraineté qui en vaut la peine.”

Par Tara O’Brady
Photos de Johnny C.Y. Lam

Pas de compromis : juste vous et exactement ce que vous voulez manger, où vous voulez le manger. Et où un gastronome indépendant veut-il manger ? Dans un endroit où le personnel est attentif sans s’attarder et où les portions permettent d’explorer sans avoir l’impression d’avoir manifestement trop commandé. 

General Public à Toronto

Le bar du General Public est probablement la meilleure place de la maison, avec ses lampes en verre dépoli au style rétro qui diffusent une lumière chaude et tamisée. Comme dans tous les endroits tenus par Jen Agg, le personnel est bien informé et sait exactement quand faire ses rondes. Leurs conversations sont conviviales et un peu complices, comme si vous aviez découvert un grand secret. Les vins au verre offrent tout ce que vous pouvez désirer. 

Pour Pete Ho, dont la grand-mère l’attendait avec quelque chose de chaud à manger, les mangeurs solitaires sont les bienvenus au Sumibiyaki Arashi. « Que quelqu’un vienne pour réfléchir tranquillement, profiter d’un moment pour soi ou simplement savourer un repas en solo, nous voulons qu’il ressente le même sentiment de chaleur et d’appartenance que s’il faisait partie de notre famille élargie », explique-t-il. Le service au comptoir permet à chacun d’avoir un point de vue sur le chef Ho au gril, l’assiette se trouvant à quelques centimètres. Pas besoin de se distraire devant la danse du yakitori. 

Pasta Pooks à Montréal

Le Pasta Pooks a le côté cool de l’appartement d’un ami, décontracté et sans artifice. Pour les convives solitaires, c’est parfait : un siège de bar, un bol de quelque chose d’authentiquement aillé et une boisson que vous savez qu’ils aiment vraiment. Vous pouvez écouter les conversations ou non, tenir votre journal ou faire défiler votre fil d’actualité, ou encore regarder les gens par la fenêtre. Vous vous installez dans ce rythme qui vous est propre. 

Au Sushi Nishinokase de Montréal, un sushiya Edomae de huit places, les repas en solo sont courants au point d’être la norme. « Dès le début, la culture alimentaire de Tokyo s’est construite autour de l’individu », explique Julian Doan, copropriétaire de l’établissement. « L’architecture même du comptoir omakase reflète cette histoire : il ne s’agit pas d’une table commune. Le siège 1 ne peut pas vraiment converser avec le siège 8. Chaque convive a son propre échange avec le chef », ajoute le chef Vincent Gee. 

Un grand restaurant traite les repas en solitaire comme le luxe qu’ils sont. 

Sushi Sushi Nishinokaze à Montréal