Le goût de l’innovation

Mentions 2025 en matière d’innovation

Cette année, l’innovation s’est manifestée sous de nombreuses formes : côté saveurs, côté présentations et côté philosophie. Les restaurants ont chacun offert leur interprétation de ce que signifie créer quelque chose de vraiment nouveau. Parmi ces visions singulières, aKin incarne la recherche empreinte de sens, un espace où l’innovation naît d’une intention claire.

Par Tara O’Brady
Photos de Johnny C.Y. Lam

À aKin, la reconnaissance s’accompagne de révélations.

Porté par l’héritage sino-malaisien du chef et copropriétaire Eric Chong, ses nombreux voyages et son approche scientifique, fruit de sa formation d’ingénieur, chaque menu dégustation raconte une histoire unique, élaborée au fil de mois de réflexion et d’essais rigoureux.

Dumpling étagé garni d’une feuille d’or.

« Chez aKin, la tradition classique guide le profil de saveurs, tandis que les techniques modernes en façonnent l’exécution », explique Eric Chong. Cette méthode ancre chaque plat dans ses racines culturelles, même si sa forme est splendidement novatrice. Imaginez une bouchée composée d’une sphère à la peau délicate qui éclate en bouche comme un bol entier de riz au poulet à la hainanaise. Ici, ils l’ont fait. Les dumplings à la peau de cristal sont plissés 100 fois, expression contemporaine d’un geste ancestral. L’anatomie d’un poisson est reconstituée en cinq microplats, dressés sur un squelette métallique.

Le directeur de bar, Nathan Murray, partage non seulement le garde-manger et la philosophie de Chong, mais aussi sa capacité à repousser les limites. Pour les cocktails qui accompagnent le menu dim sum du printemps, Murray a modifié le pH des thés infusés à l’aide d’acide citrique ou malique. Un thé vert acidulé au riz brun grillé remplaçait ainsi le jus de lime, tandis qu’une tisane de camomille et de citronnelle traitée dans le même esprit tenait lieu de citron.

Chef Eric Chong.

Une grande partie de leur vaisselle est faite sur mesure. Dans un panier en céramique fabriqué à la main par Goji Studio, on trouve de la glace sèche disposée en anneau autour d’un bol intérieur. Lorsqu’on l’ouvre, un nuage de brume s’en échappe.

Une boîte-casse-tête en bois dissimule les mignardises de la soirée. Inspirée d’une boîte à bijoux appartenant à la femme du chef, elle pivote et révèle quatre compartiments qui s’ouvrent avec une fluidité synchronisée.

A savoury tart topped with caviar and edible flowers.
Tartelette salée garnie de caviar et de fleurs comestibles.

« Les mignardises étant la dernière impression que les invités auront en partant, elles doivent être aussi marquantes que la première bouchée », affirme Eric. Fabriquée à partir de bois mort récupéré en Ontario, la boîte rivalise d’artisanat avec son contenu, signé par la chef pâtissière Flora Zhang. Ses créations sont aussi fantaisistes que techniquement impeccables : des cannelés lau sa, une mousse au café dans une théière en chocolat, ou encore le chocolat marbré bleu façon porcelaine de leur menu d’ouverture.

A dessert shaped like a teapot, filled with coffee mousse.
Le dessert au aKin met en vedette une mousse en forme de théière magnifiquement façonnée.

La maîtrise de l’équipe se mêle au plaisir et à la beauté du repas, pour former un tout remarquable et sans fausse note.


Chez aKin, le familier cède le pas à l’émerveillement, un parfait hommage à l’innovation elle-même. Après tout, la créativité culinaire se décline sous mille formes, et aKin n’en brille que davantage aux côtés de ses pairs. Ci-dessous, nous mettons en lumière d’autres finalistes de 2025 qui, chacun à leur manière, ont repoussé les frontières et redéfini l’imaginaire culinaire du pays.