Pourquoi certains passagers applaudissent-ils à l’atterrissage ?

Applaudir est un curieux rituel. Depuis la nuit des temps, on tape des mains en guise d’approbation, selon les historiens. Le geste est à peu près universel et compris de tous. Une fin de spectacle dénuée d’applaudissements sème la déroute. Participer à une ovation monstre lors d’un événement sportif est grisant. Cela dit, le fait d’applaudir dans d’autres circonstances peut être discutable. Par exemple, qu’en est-il de battre des mains quand un serveur renverse un verre ? Ou des acclamations pendant le générique d’un film en salle ? Or, de toutes les coutumes, applaudir à l’atterrissage d’un avion est sans doute la plus controversée.

Seulement 13 % des 39 954 répondants à un sondage en ligne de BuzzFeed admettent applaudir en avion, tandis que 87 % affirment qu’ils refusent de le faire et déclarent de surcroît exécrer cette pratique. Comment expliquer une si forte réaction ? Un phénomène de contagion en est peut-être la source. Nous sommes conditionnés à battre des mains dès notre plus tendre enfance. Une récente étude sur les mécanismes en cause démontre que le seul fait d’entendre autrui applaudir peut susciter l’imitation. À l’inverse, d’autres réactions collectives, comme les huées, doivent atteindre un certain seuil avant d’exercer pareil effet d’entraînement. Les applaudissements correspondent pour ainsi dire à un automatisme : plus la foule est grande, plus l’acclamation le sera.

25 septembre 2019
Gif illustré dans les tons de bleu, orange, jaune et bordeaux des mains qui frappent

Ainsi, certaines personnes, initialement réfractaires, joignent tout de même le mouvement. « Applaudir envoie un signal d’appréciation », explique Gary Lupyan, professeur agrégé de psychologie à l’université du Wisconsin à Madison et pilote amateur privé. « Devant la nature routinière des atterrissages modernes, on peut percevoir le fait d’applaudir comme conflictuel : vous pourriez être d’avis que rien d’exceptionnel ne s’est produit, mais être appelés à réviser votre jugement en entendant les gens applaudir. »

Autrement dit, taper des mains est peut-être plus facile que de ne pas le faire. Résolument contre les effusions en vol, Jon Schabl, un humoriste canadien installé à Los Angeles, en témoigne : « Je dois m’astreindre mentalement à résister à l’instinct d’applaudir. » Et vous, applaudissez-vous de joie en toute conscience ou y êtes-vous contraint par un entourage plus expressif que vous ?

 


 

Les pratiques d’applaudissements

 

Taper des mains est un geste universel, dont la forme varie d’un endroit à l’autre.

  1. Applaudissements cérémoniels Au Japon, le tejime est une pratique traditionnelle où l’on frappe des mains en cadence pour conclure un événement ou une entente commerciale. La coutume s’observe au terme des activités à la Bourse, dans des festivals ou même pour clore une fête. Si le rythme varie selon les situations, le ippon-jime reste usuel : trois applaudissements successifs, répétés trois fois et suivis d’un battement unique.

  2. Salves synchrones Applaudir à l’unisson traduit une forte appréciation de la part de la foule dans les pays d’Europe de l’Est, comme la Hongrie, la Pologne et la Roumanie. Le phénomène accompagne souvent l’ovation debout et, selon certaines études, les acclamations diffuses du public atteignent un synchronisme pouvant durer de 10 à 15 secondes.

  3. Acclamations vikings Malgré sa référence historique, ce cri de ralliement (dit clapping ou Vikingclap) a été popularisé par les amateurs de foot islandais lors de l’Euro 2016. Ses origines possiblement écossaises auraient été inspirées par le film hollywoodien 300. Les bras en V levés au ciel, les partisans frappent des mains en scandant des « Ouh » après un double battement de tambour rapide.

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