Eden Grinshpan, l’animatrice de Top Chef Canada, fait le tour du monde et de ses cuisines

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Eden Grinshpan ne se prend pas trop au sérieux. Ses gentilles blagues injectent un peu d’humour à l’atmosphère souvent tendue de Top Chef Canada (qu’elle anime depuis 2017), et elle n’a pas plus de filtre sur les médias sociaux, avec les selfies sans maquillage et photos de croissants en équilibre sur son bedon de future maman qu’elle publie sur Instagram. En septembre 2020, cette chef formée au Cordon Bleu publiait son premier livre de cuisine, Eating Out Loud, inspiré par ses racines israéliennes et ses étés passés là‑bas, enfant. « Ce sont des plats accessibles et de tous les jours qui réconfortent et débordent de saveurs », dit‑elle de ses recettes, telles que chakchouka à l’agneau et au yogourt citronné ou biscuits aux pépites de chocolat et au halva salé. Nous avons joint Mme Grinshpan à Toronto, où elle a récemment déménagé de Brooklyn avec son mari, Ido, et leur fille, Ayv, pour jaser de ses meilleurs plats dégustés à l’étranger, de sa vision de la cuisine comme voyage sensoriel et de sa prochaine destination.

03 mai 2021

enRoute Qu’est‑ce qui vous occupe ces temps‑ci ?

Eden Grinshpan Je serai bientôt maman (prise 2), je rénove notre nouvelle maison et, en outre, j’ai toujours une foule de projets en marche. La nouvelle saison de Top Chef Canada est présentement en ondes, alors je développe des recettes. Je me pince encore quand je pense que j’anime cette émission. C’est incroyable de rencontrer tous ces chefs, la crème de la crème, et d’écouter leurs anecdotes au sujet des plats qu’ils concoctent.

ER En quoi votre expertise culinaire influe‑t‑elle sur vos voyages ? Choisissez‑vous des destinations pour vos papilles ?

EG Certain ! J’ai même suivi des cours de cuisine dans bien des lieux que j’ai visités. J’en ai suivi en Thaïlande, et j’ai appris à préparer des momos tibétains à Dharamsala, en Inde. Ce qui est formidable avec la cuisine, c’est que c’est universel ; pas besoin de parler la même langue pour cuisiner avec quelqu’un d’une autre culture. À mon premier voyage en Inde, en 2006, je suis tombée si follement amoureuse du pays que j’y suis retournée, sac au dos pendant sept mois. Je suis partie de Delhi et suis descendue jusqu’au Kerala ; j’ai goûté à tout, poulet tikka masala crémeux, dosas, idlis, uttapams. J’ai fait du bénévolat dans un orphelinat de Rishikesh, et au marché local il y avait du curcuma et du gingembre frais, et des montagnes de haricots de plus d’un mètre. Toute cette beauté et cette abondance m’a inspirée chaque fois que j’y suis allée.

Un collage de photos d'Eden Grinshpan mangeant des pâtes, assis sur un bloc de bois et à l'aide d'une serviette

ER Si vous deviez choisir un souvenir de voyage lié à la cuisine, ce serait quoi ?

EG Mon mari et moi avons fait notre voyage de noces en Thaïlande ; c’était la première fois qu’Ido visitait l’Asie du Sud‑Est. On crevait de faim à l’arrivée du traversier à Koh Phangan, alors on a commandé à un stand en bord de route qui ne servait qu’un seul plat, un superbe cari vert parfumé avec nouilles. Il a suffi de quelques bouchées pour qu’on soit en nage, les yeux larmoyants. C’est le cari le plus épicé que j’aie jamais goûté, mais on avait tellement faim qu’on a continué à manger. Durant tout le trajet jusqu’à l’hôtel, on pleurait, on transpirait et on riait, car c’était tellement piquant, mais tellement bon.

ER Eating Out Loud regorge de recettes en lien avec votre héritage israélien. Votre meilleure expérience culinaire en Israël, c’est quoi ?

EG Mon resto préféré à vie, c’est le North Abraxas, à Tel‑Aviv. Le chef Eyal Shani, qui dirige aussi le HaSalon, à New York, et la chaîne Miznon, a le don de transformer des ingrédients ordinaires en or. Mon mari et moi, on aime s’asseoir au bar pour humer les focaccias qui sortent sans arrêt du four à bois en sirotant une bouteille de vin rouge du cru. On y sert des patates douces avec la plus crémeuse et délirante des crèmes sures et du gros sel de mer. À chaque bouchée je me demande : « Comment il fait pour que ce soit si bon ? » Si vous y allez le bon soir, on vous servira à toutes les heures des petits verres de pousse‑alcool. La musique sera forte, et ce sera la tournée de pousse‑alcool pour tout le monde au bar. Chacun pousse des acclamations et se met à danser : c’est la fête.

ER Quels plats cuisinez‑vous régulièrement depuis un an sans vous tanner ?

EG Je suis passée à un tout autre niveau question pâtes. J’en ai fait beaucoup au jus de citron et au beurre, des pâtes cacio e pepe, des rigatonis à la vodka et des spaghettis aux palourdes, mon plat préféré entre tous. S’asseoir avec mon mari pour savourer un gros bol de pâtes et un verre de vin est une merveilleuse façon de clore la journée. Quand rien n’est certain, les aliments réconforts sont bienvenus.

Un gif animé de portraits amusants d'Eden Grinshpan

ER La cuisine vous a‑t‑elle fait voyager chez vous ?

EG Quand Ido s’ennuie d’Israël, sa patrie, je prépare un petit assortiment de toutes sortes de mezzés (tels houmous, baba ganousch, salatim), avec pita frais et une platée de chakchouka. On met de la musique israélienne, et ça nous transporte là‑bas.

ER Où irez‑vous en premier quand on sera revenu à une certaine « normalité » ?

EG On était censés, Ido et moi, aller au Japon en avril 2020, et on était consternés parce que c’était la troisième fois qu’on annulait ce voyage ; les deux autres, la vie et le boulot nous avaient mis des bâtons dans les roues. Donc le Japon est en tête de liste. Le Maroc aussi. L’Italie est un de mes pays favoris à vie ; tout y est délicieux, sexy, sublime. Et puis je m’ennuie du Mexique. Après l’accouchement de mon deuxième, j’ai hâte de pouvoir enfin m’asseoir à la plage et d’y siroter une margarita.

Le questionnaire

  • Essentiels à bord L’hydratant Skin Food de Weleda, des lingettes (je grignote constamment) et un bon livre ; en ce moment, je lis Premiers mois avec bébé : Libérez‑vous des idées reçues !, d’Emily Oster.

  • Souvenir préféré Des épices, afin de recréer les saveurs du voyage dans le confort de ma cuisine.

  • Voisin idéal en avion Mon mari. Il est le seul à savoir comment me prendre durant un long vol.

  • Premier souvenir de voyage Jouer sur la plage, à Herzliya, en Israël. Ensuite, mes parents m’ont emmenée manger un couscous aux légumes… qui crissait sous la dent, parce que j’y avais mis du sable, mais ça m’était égal, car il était vraiment bon.

  • À voir absolument Tellement d’endroits ! L’Australie, la Nouvelle‑Zélande, Fidji, l’Éthiopie, l’Afrique du Sud… je veux aller partout. Mon mari est prévenu : à un certain âge, nous allons tout abandonner pour partir voyager.