Voici Simu Liu, le dernier superhéros de Marvel —

Le comptable-devenu-acteur né en Chine et ayant grandi à Toronto tient la vedette du film à paraître Shang Chi and the Legend of the Ten Rings.

Un flux Twitter a changé la vie de Simu Liu. Né en Chine et ayant grandi à Toronto, ce comptable devenu acteur, déjà connu pour son rôle de Jung dans la sitcom à succès de CBC Kim’s Convenience, a sommé Marvel, sur le réseau social, d’envisager un superhéros asiatique. Ç’a marché. En juillet dernier, Marvel Studios a annoncé qu'il était le premier acteur asiatique en tête d’affiche d’un de ses films, Shang-Chi and the Legend of the Ten Rings. Nous avons joint l’acteur pour parler d’entraînement de superhéros, de voyage en Australie avec ses parents et du conseil reçu d’un joueur des Raptors de Toronto.

20 décembre 2019

enRoute La quatrième saison de Kim’s Convenience sort ce mois-ci. Comment votre expérience a-t-elle changé depuis le début de la série en 2016 ?
 

Simu Liu Je comprends maintenant pourquoi je dois revendiquer haut et fort une meilleure représentation. Au début, les questions sur la diversité me prenaient au dépourvu et me lassaient, même. J’avais l’impression de toujours répondre la même chose. Mais ç’a changé la saison dernière, quand j’ai réalisé qu’on pose ces questions parce qu’il n’y a pas vraiment d’exemples de familles asiatico-canadiennes ou asiatico-américaines à l’écran. Désormais, je répondrai à cette question tant qu’il le faudra : si on me la pose, c’est qu’on fait quelque chose d’important.
 

ER Devenir le premier superhéros asiatique de Marvel, Shang-Chi, demande quel type d’entraînement ?
 

SL Je ne peux pas trop en dire sur la préparation, à part qu’elle a deux composantes : l’entraînement physique pour la force, le conditionnement et la musculation ; et veiller à ce que ma formation en arts martiaux soit à la hauteur. Je préfère m’entraîner en pratiquant un sport ; je déteste passer des heures sur un tapis roulant. Je joue au basket, au volley et au ping-pong. Le plaisir de la compétition me permet de pousser mon corps davantage qu’au gym.

Simu Liu est vêtu de noir devant un mur graffitis

ER Vous avez été cascadeur dans des séries comme Survivant désigné et Les héros : Le retour. En autodidacte ?
 

SL Les arts martiaux m’ont toujours fasciné, mais plus jeune je n’en faisais pas parce que mes parents voulaient que je me concentre sur mes études. Je me suis mis au parkour et à la gymnastique à 16 ans, et j’ai suivi quelques cours plus tard. Quand je suis devenu acteur à Toronto, je ne voulais pas faire la fine bouche et j’acceptais aussi les contrats de cascade.
 

ER Vous êtes passé de comptable à star de Marvel en moins de 10 ans. Comment vivez-vous avec la pression ?
 

SL Je suis un conseil que Jeremy Lin m’a donné quand il jouait pour les Raptors : quand on fait un lancer, peu importe qu’on le réussisse ou pas, ce qu’il faut, c’est croire à 100 % qu’on va le réussir. J’ai toujours admiré cette mentalité chez lui : ce sentiment de confiance qu’on peut accomplir ce pour quoi on nous a choisi. Je me rappelle avoir été si nerveux pour mon dernier bout d’essai, et depuis je n’arrête pas de me pincer. J’ai l’impression de rêver, mais il n’y a aucun doute dans mon esprit que je peux tenir ce rôle. J’ai vraiment hâte de le montrer au monde entier.

Une séquence d'images de Simu Liu effectuant un retournement

« J’ai l’impression que toute ma vie m’a préparé pour ce moment. »

ER Comme enfant d’une famille immigrante au Canada, vous arrivait-il d’imaginer que vous joueriez un jour un superhéros ?
 

SL Non. Mais comme enfant unique dont les parents travaillaient tout le temps, j’adorais regarder Power Rangers. L’idée que des gens ordinaires puissent être choisis pour devenir des êtres extraordinaires avait quelque chose de spécial. En vieillissant, je suis devenu un grand fan de Marvel, et en 2012 j’ai même écrit tout un développement pour une série de superhéros Marvel à propos de Sunfire, un ex-membre des X-Men. Puis, bien sûr, il y a eu les tweets désormais célèbres que j’ai envoyés à Marvel. Plus j’y pense, plus j’ai l’impression que toute ma vie m’a préparé pour ce moment.
 

ER Vous êtes arrivé sur Twitter à peu près au moment où vous avez commencé à jouer. Quelle est votre vision des médias sociaux ?
 

SL Twitter est pour moi une façon de me présenter à la planète et de parler de sujets qui me tiennent à cœur. Je réfléchis beaucoup à ce que je lance dans l’univers parce que je sais que je représente une communauté qui commence tout juste à être à l’aise à l’idée d’être vue et entendue.

Simu Liu s'appuie sur un grimpeur à corde de couleur pêche

ER À cinq ans, vous avez déménagé de Harbin, en Chine, à Toronto. Êtes-vous souvent retourné en Chine, enfant ?
 

SL J’avais 10 ans à mon premier retour en Chine, puis on y est allés presque chaque été de mon adolescence. À l’époque, j’étais encore très proche de la culture et je parlais assez bien mandarin, mais ça s’est arrêté quand je suis devenu acteur ; mes parents ont cessé pendant une période de m’inviter à les accompagner, car notre relation n’était pas très bonne. Mais avec le temps, ils ont fait la paix avec ma carrière d’acteur. Il y a presque 10 ans que je ne suis pas rentré au bercail, alors je vois Shang-Chi and the Legend of the Ten Rings comme une occasion de renouer avec mes racines.
 

ER Le film sort aux alentours du Nouvel An lunaire de 2021. Célébrez-vous cette fête en famille ?
 

SL Oui, c’est la fête la plus importante de l’année pour nous. Nos célébrations ne se comparent pas à celles qui se déroulent en Chine, mais on sort pour souper et je reçois parfois une emblématique enveloppe rouge. J’ai récemment surpris mes parents en leur offrant une Jaguar rouge, disant à la blague que c’est le summum des enveloppes rouges. Après tout ce qu’ils ont fait pour moi, j’ai l’impression que je ne pourrai jamais les gâter assez.
 

ER Vous tournez présentement en Australie. Voyagerez-vous pendant ce séjour ?
 

SL Mes parents s’en viennent me visiter à Sydney. Nous allons monter jusqu’à la Gold Coast et voir la Grande Barrière. Je pense qu’on va beaucoup voyager ensemble à l’avenir : ils ont toujours voulu voir le monde.

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