Dans l’objectif d’un photographe : un voyage en Asie

Suivez‑nous lors d’un voyage visuel dans certains des lieux les plus captivants au monde. Pour lancer notre nouvelle série « À travers l’objectif d’un photographe », Ilan Derech, de Mexico, partage ses images superbes et vous amène dans une aventure gigantesque de plusieurs mois à travers le Japon, le Myanmar et l’Inde, révélant des côtés cachés de l’Asie.

Le voyage est comme un oignon. Il vous faut en peler les couches et déterminer ce vous voulez apprendre : vous pouvez soit rester sur la couche extérieure, ou aller plus profond, et là, il y aura toujours de quoi en tirer. J’ai choisi l’Asie en raison de ses énormes différences culturelles, et je l’ai documentée parce que la photographie est à mes yeux de l’émotion pure ; c’est une façon de se connecter et de ressentir des choses que la vie quotidienne n’offre pas. Non seulement elle éveille vos sens, mais elle vous aide à voir plus que ce vous verriez normalement.
 
 

09 avril 2020

Tokyo

Visiter le Japon a satisfait un côté de la vie que je n’ai jamais ressenti au Mexique. C’est un lieu qui vous enseigne à être calme, respectueux et attentif aux autres, et à apprendre à mieux vous connaître vous‑même.

Un homme sous un parapluie à Tokyo pendant la nuit

Certaines villes y sont faites pour le jour, et d’autres se révèlent la nuit. L’éclairage de Tokyo place la ville tout à fait dans la première catégorie. L’illumination partout est simplement hallucinante.

Les gens blottis sous des parapluies clairs un jour de pluie à Tokyo

J’ai passé l’essentiel de mes jours à Shinjuku et Shibuya, les quartiers du Tokyo classique remplis de néons, de bars, de restaurants et de travailleurs.

À l'intérieur d'un restaurant animé de Tokyo

Il m’est arrivé de sauter dans un train, de descendre à une gare au hasard et de marcher dans les environs. Il est important de ne pas avoir d’attentes en voyage, de façon à ne pas normaliser vos expériences avant même de vous être rendu sur place. En vous perdant, vous découvrirez des détails que vous n’auriez sans doute même pas remarqués.

Une femme de Tokyo à l'aide de son téléphone pendant qu'elle attend le train

J’ai utilisé ici mon Leica SL de type 601 auquel j’ai fixé un objectif Distagon T* 35 mm f/1.4 de Zeiss. J’aime le rendu des couleurs de cet appareil et la distance focale de 35 mm me force à m’approcher de mes sujets.

Portrait d'un chef de train à Tokyo, Japon

 

Myanmar

Le Myanmar m’attirait parce que j’étais en quête d’un lieu qui soit authentique et relativement à l’écart des circuits touristiques.

Deux moines bouddhistes lisent un morceau de papier au Myanmar

Durant les quatre semaines de mon séjour, j’ai noué des liens d’amitié avec un moine bouddhiste, qui m’a invité à visiter son monastère. J’avais l’impression que les moines étaient des gens très sérieux et formels, mais j’ai trouvé le contraire.

Un homme assis sur son vélo modifié sur une route de Yangoon au Myanmar

Les scooters et les motos sont bannis des rues de Yangon. Les résidents ont réussi à contourner ce règlement en modifiant leurs vélos pour transporter deux ou trois passagers. La chaleur dans la capitale est écrasante, mais on y voit des gens à bicyclette.

Un homme se tient sur le quai à côté de son bateau au Myanmar

Les bateaux de rivière sont encore un mode de transport public au Myanmar et les villes principales sont reliées par des cours d’eau. Jusqu’à récemment, les routes étaient rares, et plutôt mauvaises. J’ai pris ce bateau pour me rendre à Inwa, une ancienne ville fortifiée près de Mandalay.

Un panneau rouge et jaune au sommet d'un immeuble dans un marché du Myanmar

Cette enseigne au‑dessus d’un marché du centre‑ville de Mandalay a attiré mon attention. Je trouve que les pays et les villes ont des palettes de couleurs qui leur sont propres. Le Myanmar, j’ai remarqué, se caractérise par beaucoup de rouges et de jaunes très vifs, qui font contraste avec les ciels bleus.

Photo en noir et blanc d'une femme se protégeant le visage au Myanmar

Le voyage, le documentaire et la photographie de rue exigent de savoir lire le flux des personnes et le rythme d’une ville, afin que vous soyez capable de prédire comment les choses vont se dérouler. L’implantation de ce marché de jade ménage un fort contraste entre la lumière et l’ombre.

Un jeune garçon se penchant d'une fenêtre de train au Myanmar

En voyageant en train, vous pouvez voir la vie birmane se dérouler au quotidien devant vous. Les passagers savent qu’ils en ont pour longtemps et vous êtes témoins de leurs comportements.

Une vue sur la côte d'un fleuve Myanmar

 

Inde

Les trains‑couchettes en Inde ont souvent des lits superposables. J’essaie toujours de prendre celui du haut pour observer ce qui se passe dessous ; il offre un angle unique pour voir les interactions entre les passagers.

Passagers d'un train couchette indien

L’Inde, comme le Mexique, est chaotique et stressante, tout en étant spirituelle et introspective. Je suis un lève‑tôt, et je me suis réveillé à 3 h du matin pour voir le Taj Mahal avant la venue des hordes de touristes.

Lever du soleil sur le Taj Mahal en Inde

À mon arrivée à Varanasi, la plus sacrée des sept villes saintes, il n’avait pas plu depuis des mois. Selon la tradition, il pleut toujours pendant la Mahashivaratri, le festival hindou pour célébrer Shiva. Et soudain, une énorme tempête s’est déclenchée durant la nuit.

Une tempête de pluie fait son chemin à travers Varanasi

Le lendemain, je voulais prendre des photos, et je me suis levé avant le soleil pour marcher sur la rive du Gange. L’atmosphère était très brumeuse, mystérieuse et morose, elle reflétait la spiritualité des lieux. Le mysticisme régnait.

Brouillard épais sur la rive du Gange

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