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Comment lire les nuages, selon un commandant de bord d’Air Canada

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Regardez par le hublot, une merveilleuse histoire se déploie.

Sans nuages, nous n’aurions ni pluie, ni neige, ni ouragans, ni moussons, ni brouillard, ni arcs‑en‑ciel. L’atmosphère contient de 0 à 4 % d’humidité : ça suffit pour que se forment ces indicateurs du temps qu’il fait. Je scrute toujours le ciel en quête d’indices des conditions de vol. Lire les nuages est passionnant.

La chaleur diurne fait que l’air s’élève et se condense, ce qui crée des cumulus ouateux qui, comme l’indiquent les prises de vue en accéléré, vivent de 5 à 50 minutes et se reforment sans cesse. Pas étonnant qu’ils prédisent un vol cahoteux jusqu’à ce qu’on les survole. Quant aux nuages en nappe, ils promettent un vol en douceur. Les nuages peuvent aussi provoquer la formation de glace sur les avions et réduire la visibilité près du sol. Le brouillard (un nuage au sol) peut résulter de six processus atmosphériques : chaleur irradiant du sol par nuit claire (brouillard de rayonnement), air chaud passant au‑dessus d’une surface froide (brouillard d’advection, comme au‑dessus de la baie de San Francisco), etc. Mais le brouillard nous empêche rarement de décoller ou d’atterrir. Même les nuages de l’étage supérieur, composés surtout des cristaux de glace qui se forment derrière nos réacteurs (traînées de condensation), peuvent présager du mauvais temps s’ils se dispersent moins vite que d’habitude. Un ciel pommelé est rempli de cirrus de haute altitude dits cirrocumulus ; il signale des secousses possibles dues à un courant‑jet à haute vitesse.

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Connaître les nuages, c’est apprendre à lire les conditions de vol. Les tableaux standards des nuages comportent neuf colonnes. Les cumulonimbus de la neuvième colonne sont à l’origine de l’expression anglaise « on cloud nine ». Ces nuages ondoyants d’allure feutrée ont l’air doux et mignons, mais un pilote sait qu’il faut les éviter : ils peuvent culminer à plus de 15 000 m d’altitude et les avions de ligne ne peuvent les survoler. Bref, on a beau toujours souhaiter un ciel dégagé, les nuages sont fort intéressants.

20 septembre 2021

TOUR D’HORIZON

Infographie détaillant les formes et styles de nuages
  • Les météorologues et les pilotes mesurent la nébulosité en octas, ou huitièmes. De 5/8 à un peu moins de 8/8, on parle de nuages fragmentés (BKN) ; un ciel couvert (OVC) est à 8/8.

  • Les nuages sont composés de gouttelettes d’eau liquide ou en surfusion, de cristaux de glace ou des trois.

  • Le gros des nuages se trouve dans la troposphère (plus basse couche de l’atmosphère). Mais on peut voir de rares nuages nacrés formés de cristaux de glace dans la stratosphère.

  • L’atmosphère peut sembler vaste, mais elle est minuscule à l’échelle de la Terre : imaginez une couche de rosée sur un ballon de basket.

PAR ICI LES NUAGES

En 1802, le Britannique Luke Howard a donné aux nuages les noms qu’on utilise encore : stratus pour les couches de nuages plus larges qu’épaisses ; cumulus pour des amas de nuages distincts à la base plate et avec un sommet en forme de chou‑fleur ; et cirrus pour des boucles sinueuses, rappelant des boucles de cheveux en haute altitude.

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Demandez au commandant

Les différentes facettes de l’aéronautique vous intriguent ? Envoyez‑moi vos questions sur l’aviation et les opérations aériennes : douglas.morris@aircanada.ca

Portrait du capitaine Doug Morris d'Air Canada
Photo : Reynard Li

Doug Morris est auteur, météorologue, instructeur et commandant de Boeing 787 d’Air Canada.