Hallelujah: Un pèlerinage à l'ancienne maison de Leonard Cohen à Hydra

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Hallelujah: un pèlerinage à l'ancienne maison de Leonard Cohen à Hydra.

En visite chez des amis à Athènes, j’apprends que l’auteur‑compositeur‑interprète et illustre poète canadien Leonard Cohen a vécu en Grèce. Étant fan, je décide qu’il me faut voir où il résidait. Ne comprenant rien aux horaires de traversier, je me retrouve sur un navire de croisière faisant sa première escale à Hydra, la petite île où Cohen a habité de 1960 à 1967, à 60 km au sud d’Athènes.

Hydra a servi d’incubateur à Cohen avant la célébrité : il y a écrit de la poésie, y a fréquenté Marianne Ihlen, son amoureuse et sa muse, et s’y est produit pour la première fois comme musicien, au kafenío O Katsikas (aujourd’hui le Roloi Café). Les résidents ont beau dire que le tourisme a transformé l’âme de l’île, il y règne toujours une atmosphère intime même si la population atteint désormais 2500 habitants.

La croisière n’allouant qu’une visite de 90 minutes, mon compte à rebours s’enclenche dès la mise à quai. Je détale à la recherche de la maison que Cohen a achetée avec de l’argent hérité de sa grand‑mère, ce qui me voit grimper des escaliers poussiéreux, me faufiler entre des rangées de maisons à toit orange et zigzaguer entre les chats qui pullulent dans l’île, le soleil d’été me faisant couler la sueur dans le dos. Comme peu de rues ont des noms sur Hydra, je me fie aux vagues indications glanées sur Internet, du genre : « Prenez à droite à l’épicerie Four Corners sur une hauteur. Il y a un heurtoir ouvragé en forme de main à la porte de la maison de Cohen. »

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26 août 2021
Le port d'Hydra, Grèce avec des bateaux au premier plan et de nombreux bâtiments sur une colline
Hydra, Grèce   Photo : Mauricio Muñoz

Quand enfin je trouve l’épicerie, mes halètements enterrent le chant des cigales. Peu après, je suis à l’entrée de sa maison, face au heurtoir. C’est là que Cohen est devenu le poète lauré de la pop et qu’il a ressenti un sentiment d’appartenance qu’il aurait ensuite cherché à recréer toute sa vie, dit‑on. Le simple fait de mettre le pied sur l’île me permet, d’une certaine façon, d’approfondir son parcours créatif. La famille de Cohen est toujours propriétaire de la maison, alors je ne cogne pas.

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Au lieu, je ferme les yeux, je prends une grande respiration et je dépose un huard sur le pas de la porte pour marquer ma visite. Heureuse de cette rencontre, je célèbre en buvant un jus d’orange inspiré de la chanson Suzanne et en redescendant mollo la colline jusqu’au port.