Que contient le bagage à main de la drag‑queen Tynomi Banks ?

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La drag queen de Toronto et star de Canada’s Drag Race sur les spectacles virtuels, son rôle de Méduse dans une pub du Super Bowl et ce qu’elle trimbale sur les scènes du monde.

Tynomi Banks était déjà une drag‑queen légendaire à Toronto avant de participer l’an dernier à la première saison de Canada’s Drag Race. Si elle a dû tourner les talons après quatre épisodes, elle n’a pas quitté l’écran radar pour autant, grâce à sa présence dans la pub du Super Bowl de Wealthsimple (en Méduse) et le récent film canadien Jump, Darling. Avec une tournée britannique et européenne en chantier (si la pandémie le permet), Tynomi peaufine l’art du bagage. « J’ai besoin d’options pour me présenter au public. J’apporte deux paires de talons : un bottillon pour danser et une chaussure ouverte, qui est comme une pantoufle. Et deux costumes fabuleux qui feront tourner les têtes. »   

30 juin 2021

enRoute Vous souvenez‑vous du premier spectacle de drags que vous avez vu ? 

Tynomi Banks J’allais au collège à Oshawa, en Ontario ; mon meilleur ami est venu me chercher un soir et nous sommes allés à un bar gai de Toronto. Autour de minuit, les lumières se sont éteintes et un projecteur a éclairé la scène. Je tripais sur les superhéros à l’époque et il y avait sur scène une porte qui ressemblait à celle qui donne accès à Cerebro dans X‑Men. Et là, elle s’est ouverte et de la fumée s’est propagée. Puis Sofonda Cox est apparue déguisée en Tornade, des ventilos se sont mis en marche et ses cheveux ont commencé à virevolter. C’était comme un spectacle de Beyoncé.  

ER Quand avez‑vous su que vous vouliez être une drag‑queen ? 

TB J’ai toujours aimé ça, j’ai dansé sur scène pour plein de drag‑queens, mais je ne me voyais pas en être une. Puis un de mes amis m’a demandé de l’aide pour organiser un spectacle. Quelqu’un a fait mon maquillage et tout le monde m’a prêté des trucs. Sincèrement, c’est difficile d’exprimer ce que j’ai ressenti ce jour‑là. J’étais une personne différente, genre. J’arrivais à faire sourire et rire les gens, il y avait un fort échange entre eux et moi ; je suis devenue accro à cet amour, à cette attention.  

ER La communauté des drags a‑t‑elle trouvé de nouvelles façons de se rassembler et de travailler pendant la pandémie ? 

TB Nous aimons établir un contact avec le public, alors ça a frapper fort quand on a dû se passer de ça. Le premier spectacle virtuel auquel j’ai participé, c’est le Digital Drag Fest. Ç’a été une expérience vraiment différente. Nous sommes tellement habituées à être dans les boîtes, où les gens peuvent établir le contact et nous faire des câlins. Heureusement, il y a la fenêtre des commentaires. Elle prend presque autant d’espace que la vidéo, mais elle permet de lire les mots gentils du public. L’amour transparaît ainsi. 

ER Vous avez joué Méduse dans une publicité de Wealthsimple diffusée pendant le Super Bowl. C’était comment ?   

TB Je n’aurais jamais cru ça possible. Je n’en revenais pas : «Attendez! Moi, dans une pub de football ?» Ç’a été une expérience incroyable. Le scénario était sans dialogue, que des gestes, et le réalisateur m’a appelée un soir sans préavis pour me demander comment je comptais aborder le rôle. J’ai lu le scénario et j’ai improvisé. Il en pleurait. 

ER Vous manifestez haut et fort votre appui à Black Lives Matter et avez lancé une collection de vêtements cette année. Pourquoi est‑ce important d’utiliser votre plateforme de la sorte ?  

TB Je ne réalisais pas que je vivais bon nombre des problèmes que ce mouvement dénonce, même si c’était le cas. Je balayais tout sous le tapis; je serrais les dents et j’endurais, mettons. La pandémie a ses bons côtés, car elle nous a au moins permis de nous arrêter et d’ouvrir les yeux sur la réalité enregistrée et filmée. Je me suis donc demandé comment m’impliquer. D’habitude, je fais du bénévolat ou je me produis sur scène, mais lancer cette collection m’a semblé être la bonne chose à faire (et les profits sont versés à Black Lives Matter).  

ER Lorsque vous voyagez pour le travail, qu’est‑ce qui prend le plus de place dans vos bagages ? 

TB Mon maquillage. Je n’ai pas encore parfait l’art de la petite trousse de voyage, mais j’essaie (ça ressemble plus à une trousse médicale à l’heure actuelle). Je mets ça dans ma valise enregistrée ; j’ai essayé une fois dans mon bagage à main, et laissez‑moi vous dire que les agents hétéros de la TSA m’ont posé toutes sortes de questions. Quant aux agentes, je les voyais rigoler, car elles comprenaient. Les mecs tenaient le couteau à beurre dont je me sers pour appliquer de la colle sur mes sourcils, et ils était là qui demandaient : «Et ça, c’est une arme ?» Et moi qui répliquais: «Ça serait un crime de m’en priver !» 

ER Avez‑vous une façon particulière d’emballer vos perruques ? 

TB Comme elles sont délicates et que je ne veux pas altérer leur forme, j’aime apporter des têtes de styromousse pour les en coiffer, selon le modèle. C’est généralement ce que je place en premier dans la valise, avant d’ajouter des choses autour, sans trop remplir, pour les protéger. J’utilise des pinces à cheveux pour conserver leur forme et de plus longues pinces pour préserver les boucles. Je mets le tout dans un sac en soie qui respire pour empêcher qu’elles prennent l’humidité. Et puis je prie très fort pour que rien ne les écrase. 

 ER Quelles sont les villes où vous préférez vous produire ? 

TB J’adore Montréal. L’ambiance y est très européenne, même si c’est à seulement une heure de vol. La communauté est très solidaire et j’aime les talents locaux. Mon endroit préféré où me produire est le Cabaret Mado (Mado et moi sommes amies depuis des années ; je l’adore). Mon deuxième endroit favori est le Twisted Element, à Calgary. J’aime le fait que je peux être très flyée à Calgary. Je peux porter des cheveux verts ou roses et me balader au centre commercial, et les gens me regardent, sans aucune animosité. C’est différent, et j’aime l’attention. 

ER À quoi ressemblent vos bagages ? 

TB Désormais, j’étale tout d’abord. J’ai une valise double avec deux côtés séparés (un pour mes vêtements d’homme, l’autre pour mes fringues de drag). 

ER À l’avance ou à la dernière minute ? 

TB Parfois, ça me prend une journée. C’est quasi scientifique ; je ne veux pas m’encombrer. 

ER Meilleur truc de voyage ?

TB J’aime mes crèmes et je paniquerais si je devais les jeter à la sécurité. C’est pourquoi je mets tout ce dont j’ai besoin dans des flacons format voyage.  

Que contient le sac de Tynomi ? 

Tatcha Water Cream
  • Tatcha The Water Cream — L’avion est souvent sec, mais cette crème rétablit l’humidité de ma peau et lui donne une allure jeune et en santé. 

a blond wig
  • Perruque — Selon le modèle, j’aime apporter une tête de styromousse pour la poser et la protéger. Je mets tout ça dans un sac de soie qui respire (et je prie très fort pour que rien ne l’écrase !).

a bottle of Aesop rinse free hand wash
  • Nettoyant à mains sans rinçage aesop — Au pif, ce désinfectant pour les mains paraît coûteux. Il n’est pas gras, mais hydrate la peau. 

Roots salt and pepper grey sweatsuit
  • Survêtement salt & pepper de root — C’est un cadeau de Canada’s Drag Race, tellement douillet et confortable. Ça me rappelle le tournage et mes consœurs. Nous en avons toutes un. 

Ella Mode Nails box
  • Ongles Ella Mode — J’adore cette jeune as des ongles de Calgary (je ne sais même pas si elle a l’âge de fréquenter les bars, mais elle possède déjà sa propre griffe !). Je porte les gants à ongles quand je veux attirer encore plus l’attention. 

gummy watermelon and Haribo candy
  • Friandises — Ma mère se fâchait quand nous étions jeunes et mangions des bonbons ; je crois que c’est en réaction à ça. Personne ne pourra m’empêcher de bouffer des jujubes au melon et des Haribo. 

open container of Peter Thomas Roth Mask
  • Masque Peter Thomas Roth mask  — Les spectacles finissent parfois très tard, mais je dois toujours avoir l’air reposée et prête. Ce masque empêche mon visage de bouffir et me donne un air pimpant, même quand je suis à plat.